Elffor n’a jamais vraiment rencontré une grande renommée auprès du grand public et le nombre de ses fans se compte presque sur les doigts d’une main. Pourtant, From The Throne To
Hate aurait pu permettre à Ëol, unique maître à bord de ce projet, d’apprendre de ses erreurs.
Mais au lieu de cela, il revient avec
Frostbitten Pain, un disque qui s’inscrit dans la tradition pure et dure explorée par le groupe depuis ses débuts. Et dès ses premiers pas sur la scène Black Metal, la filiation avec le grand maître
Summoning était inévitable. L’influence de ce groupe culte sur
Elffor ne s’est jamais vraiment effacée, et ce, album après album. Même si on distingue tout de même une volonté de sonner plus ‘personnel’,
Elffor peine à trouver son identité propre.
Ainsi, son style oscille dans un registre timidement Black, avec des guitares bien trop en retrait, bien que légèrement plus présentes sur ce nouvel opus. On retrouve évidemment les aspects symphoniques et atmosphériques de son père spirituel, mais on sent que la maitrise n’est pas encore à ce niveau.
L’accent sur les éléments symphoniques est bien trop développé pour rendre le style intéressant et prenant. Au lieu de ça, on stagne dans une sorte d’Ambiant dont les claviers omniprésents et trop mis en avant rendent la musique légèrement chiante et ennuyeuse. Il est vrai qu’une tentative de transporter l’auditeur dans un monde imaginaire est belle et bien là. Mais la magie ne prend pas. Peut-être sommes-nous trop habitués à ces clichés Seigneur des Anneaux, Tolkien et compagnie. A un moment donné, il peut être intéressant de se renouveler pour éviter de tomber dans le kitsch ridicule. Et pourtant, Ëol ne semble pas s’en soucier plus que cela, on le voit bien rien qu’au niveau de l’artwork très heroic fantasy qui lui colle à la peau depuis les débuts. Un cliché de plus qui ne joue pas forcément en faveur du groupe.
Au-delà de ça, les ambiances sont assez travaillées, elles sont censées faire peur j’imagine, mais comme la musique repose essentiellement sur des nappes symphoniques, on a un peu de mal à trouver quelque chose de réellement angoissant là-dedans. Et si le talent y était, on trouverait sans doute son compte, mais il manque effectivement ce petit quelque chose. Le chant lointain est plutôt réussi et il pourrait contribuer à faire remonter le niveau, mais il est trop peu présent pour nous laisser un souvenir vraiment transcendant… On est noyé dans ces atmosphères stériles et ennuyeuses tout au long de ces cinq hymnes, épiques certes, et avec cette petite touche médiévale pas désagréable mais qui, au final nous laissent plus que perplexe…
Cinq titres pour trois quart d’heure de musique chiante et entendue mille fois, et en mieux, n’apportent pas grand-chose dans l’histoire du Metal. Et si évidemment on n’en demande pas tant, il aurait été intéressant de se renouveler un peu, au niveau du concept, au niveau de la musique, au niveau des ambiances, bref, on est impatient de voir le groupe évoluer un peu. Alors oui, il y a plus d’éléments Black que par le passé, il y a certains passages qui ne sont pas désagréables et plus travaillés. Mais pris dans son ensemble, ce
Frostbitten Pain est bien trop faible pour que l’on en parle encore dans un mois. 4 ans après son dernier réel opus, on était en droit d'attendre beaucoup mieux.