Chaque mois, le Metal underground français nous apporte son lot de surprises. Ici, c'est avec les lyonnais d'
Aesirs que je vous invite à prendre votre dose quotidienne de distorsions (mais si, vous en avez besoin, avouez-le!). Évoluant dans un Black-Death mélodique et parfois épique,
Aesirs nous pond son premier EP,
Drown in Silence, mis en boîte par JC Lefèvre de
Nightmare au Savern' Studio.
Chronique d'un début plutôt convaincant...
Avant de démarrer, il est de bon ton d'apporter quelques précisions, ceci dans le but d'appréhender au mieux l'œuvre d'
Aesirs. Si, comme nous l'avons vu plus haut, le quartet lyonnais propose un Black-Death Mélodique, ce
Drown in Silence nous prouve que ces gars-là puisent aussi bien dans le Black que le Death, sans vraiment prendre partie pour l'un ou l'autre de ces styles. Autre chose: aux côtés de ce savant mélange des genres, une petite influence Thrash pointe le bout de son nez, notamment dans les guitares...
Maintenant que ces dernières révélations ont été entendues, reprenons.
L'artwork de
Drown in Silence est vraiment très sympa: la dualité entre la machine et la nature, tout comme les couleurs vives et plus sombres, est fidèlement retranscrite. Une bien belle réussite, qui prouve une bonne fois pour toutes qu'on peut se lâcher sur le visuel sans être forcément ultra-reconnu...
"Embraced Heart" retentit. A la manière d'une ballade acoustique et mélancolique, ce premier titre fait parfaitement office d'une intro prenante. On change de registre dès l'arrivée de "Silent and Calm". Un riff plus velu, une rythmique présente...
Aesirs dévoile sa recette, proche d'un
Cradle of Filth moderne pour les riffs, ou d'un
Dissection pour le placement du chant. Bien que les mélodies restent présentes (solos et leads prédominent clairement), on sent que nos lyonnais cherchent à apporter une touche sombre à leur musique (la basse bien mise en valeur alourdit le tout, pendant que le chant s'évertue à vociférer ses vers d'un ton conquérant), fidèlement retranscrite par "Siberian Steel".
Dans le même style, "Auri Sacra Fames" se positionne clairement dans une musique hybride: toujours ce grain de
Dissection,
Aesirs n'hésite pas à ralentir le tempo, que ce soit pour le
refrain doté d'une atmosphère accrocheuse ou pour l'interlude apaisante...
Quoiqu'on en dise,
Aesirs dote son son d'une touche mélodique plutôt agréable et bien foutue. La totalité des titres de ce
Drown in Silence possède ses mélodies accrocheuses, ses riffs thrashisants inspirés... On pense ainsi à "Auri Sacra Fames", mais aussi et surtout à "Path of Sorrow", l'un des piliers de cet EP. Peut-être un poil plus violent que le reste, ce morceau sort du lot par son groove communicateur, par l'épaisseur de ses riffs, et ce jusqu'en fin de titre. Une bien belle réussite qui clôt cette sortie de la meilleure des manières.
Même si cet EP est plutôt bon, il n'est pas non plus parfait. En effet,
Drown in Silence a peut-être bénéficié des services du guitariste de
Nightmare pour l'enregistrement, le mixage et le mastering, mais il est difficile de ne pas reconnaître qu'
Aesirs aurait littéralement scotché l'auditoire avec un son plus puissant, notamment au niveau de la batterie... Attention tout de même, ça reste honnête pour une première sortie, mais imaginez un peu ces compositions avec une production plus massive...
Sans vraiment transcender le style,
Aesirs débarque avec un premier EP plutôt intéressant. Les influences vont et viennent (
Dissection,
Grave ou encore
Overkill), sans que l'une prenne le pas sur les autres. Le résultat est finalement assez personnel, un mélange de Black et de Death réalisé avec justesse, le tout baignant dans un sens de la mélodie dont certains feraient bien de s'en inspirer. Seule la production paraît faiblarde, et n'avantage pas vraiment les compositions qui trouveraient un impact conséquent avec un son plus massif.
Mis à part ça,
Drown in Silence est une belle surprise, et devrait permettre à
Aesirs de faire parler de lui dans l'underground français...