Dans le domaine du revival heavy metal de la fin des années 90/début années 2000, l'un des plus grands espoirs venait d'une scène finlandaise qui se forgeait son son à elle, avec un clavier très présent à l'image d'un
Stratovarius. Cet espoir, c'était
Sonata Arctica qui avait accouché d'un excellent premier disque, précédé d'un single qui avait déjà commencé à monter la mayonnaise. Et pour qu'une mayo réussisse, il faut que tous les ingrédients soient à la même température. Si on passe la pochette glaciale dans ses tons et qui apparait plus comme une décoration basique (après tout, une sonate arctique...), on découvre un jeune groupe qui sait parfaitement ce qu'il veut et qui ne cache pas ses influences.
Evidemment, la sirène de l'époque en Finlande au rayon heavy metal classieux, c'était
Stratovarius qui jouait dans une autre catégorie, se forgeant un son inspiré du jeu d'
Helloween, des nappes de clavier en plus. Pas forcément plus subtil. Sonata Arctica s'engage sur la même voie avec une configuration de groupe quasi identique avec un claviériste palliant l'absence d'un second guitariste. Et on retrouve alors des morceaux dans l'esprit de vélocité affichée par la bande à
Timo Tolkki comme sur Blank File ou 8th Command.
Tony Kakko monte cependant moins dans les aigus, son chant est de ce fait plus plaisant que celui de
Timo Kotipelto car plus facilement assimilable. Le groupe est jeune, mais il est bourré d'entrain et le fait savoir au détour de compositions fortement marquées par la double grosse caisse ou plus calmes dans l'approche comme le très
Europe Fullmoon et ses choeurs simples, absolument pas guerrier, rappelant plus le hard FM des années 80. Etrangement désuet, mais le résultat est là : Fullmoon est un classique pour le groupe, un mid tempo inspiré et efficace.
Au milieu de cet ensemble somme toute explosif, Sonata Arctica sait également modérer son propos comme en témoignent deux ballades somptueuses, Replica et l'intimiste Letter To Dana et sa flute fragile. Encore une fois, la voix de Tony Kakko fait des merveilles et se pose comme l'un des arguments forts du groupe en studio. Jamais atone, les jeunes loups ont les dents longues et le prouvent avec le plus ambitieux Destruction Preventer et sa construction plus alambiquée, loin de l'efficacité directe des autres compositions, pour un résultat fort satisfaisant.
Porté par son single, UnOpened, Sonata Arctica s'impose comme l'un des principaux groupe de ce revival heavy metal avec un son très différent des combos suédois qui n'emploient pas les claviers de la même manière. Tout n'est pas encore forcément au point, il y a des couacs comme sur le fleur bleu Kingdom For A Heart ou le plus anecdotique Picturing The Past, l'influence
Stratovarius est encore bien trop marquée pour que l'on crie au génie pur. Ce qui n'empêche pas d'apprécier ce disque comme il se doit. La suite, sans être forcément mauvaise, apportera moins de fraicheur.