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Chroniques :: Chronique de Houses Of The Holy

Chronique de Houses Of The Holy

Led Zeppelin  - Houses Of The Holy (Album)

 8 
10

Saint Cloud very moche ! Very moche la pochette !



Oui, la pochette est laide. Oui, elle fait peur. Oui, il y a un problème avec les couleurs. Normal, lors du développement, il y a eu un problème, mais Jimmy Page, voyant cela, a trouvé ça cool. Comme quoi les enfants, la drogue, ça fait de putains de ravages dans la tête. Mais bon, c'est accessoire, ce qui compte, comme on le dit et on le répète, c'est pas la jaquette, mais ce quelle contient. Qui est l'idiot qui a dit "les paroles" ? Personne ne se dénonce. Ben bravo, bel esprit, je prends note. Non, le plus important, c'est le disque et par extension, la musique qui y est gravé.

Houses Of The Holy sort en mars 1973, soit deux ans après la pierre angulaire que fut (et reste) le Led Zeppelin IV. Entre temps, de l'eau a coulé sous les ponts. Le monde musical a encore évolué, il a pris de nouvelles couleurs. Dans un genre qui nous est cher, le terme progressif s'est frayé un chemin. King Crimson s'est imposé depuis un moment déjà, Yes, Jethro Tull ou encore Genesis confirment dans ce style et cela devient très populaire. Imaginez : du rock intellectuel ! De quoi faire verdir de rage son père fondu de jazz qui a toujours considéré les Beatles ou les Rolling Stones comme des miasmes infâmes. Le funk et le reggae deviennent également à la mode et un groupe comme Led Zeppelin ne peut pas rester insensible à ces changements. On le savait déjà proche du blues, puis du folk, on le découvre ainsi complètement ouvert à ce qui se fait. opportunisme ? Peut-être. Capacité de s'adapter à un univers en perpétuelle mutation ? Aussi.

Houses Of The Holy, c'est un sacré brassage d'influences. Des influences qui ont muté, qui sont aux antipodes de ce que les fans attendaient également. Même si cela commence de façon classique avec un The Song Remains The Same dans une veine hard rock simple, sur lequel Robert Plant cabotine, en chantant d'une façon particulière, efféminée. Une réponse bien sentie à Lester Bangs qui avait stipulé que Led Zeppelin était un groupe de tapettes émaciées ? Puis à mesure que l'on progresse, on découvre des facettes intéressantes, qui nous prennent complètement à contrepied (et l'art du contrepied, au football, c'est sacré). Par exemple, The Crunge est un morceau funk aux relents vaguement discoïdes dans son évolution. Et c'est franchement déstabilisant. Parce que l'on n'imaginait pas cette tournure. Puis D'yer Mak'er, un morceau souvent mal aimé et pour cause ! C'est un reggae blanc, qui s'étale sur quatre minutes, sur un rythme enjoué, sur lequel Plant est parfaitement à son aise. Mais résumer ce titre à reggae serait faire abstraction de la rythmique bien lourde assurée par un John Bonham qui a grandement affiné son jeu, ainsi que des intrusions plus rêches de Page à la guitare. Ensuite, on aime ou on n'aime pas. Un morceau reggae sur un disque de hard rock, même pas si hard rock que ça finalement, ça peut rapidement faire tache.

Mais Led Zeppelin s'octroie également des plages où on le retrouve tel qu'on l'aime, comme sur le délicat Over The Hills And Far Away qui développe le côté onirique du groupe, avec une douceur nuancée des plus appréciables, ou l'excellent No Quarter, une pièce épique de sept minutes où toute la sensibilité de la formation ressort, poignante et complètement surréaliste, avec une ambiance étrangement aquatique dans les sons développés par John Paul Jones qui aura toujours été l'un des artisans des morceaux les plus atypiques du dirigeable. Sept minutes avec assez peu de paroles, où les parties musicales se font planantes, comme un trip suite à une consommation de drogues, qui nous caresse les tympans d'une façon suave, quasi érotique. Moins poignant qu'un Stairway To Heaven, moins enflammé qu'un Since I've Been Loving You, No Quarter reste un indispensable de Led Zeppelin, un très grand morceau.

Evidemment, Houses Of The Holy ne sera pas au goût de tout le monde. Et pourtant ! Le disque vieillit toujours très bien, capable de rester actuel selon les titres, planant et incisif à la fois. Un disque surprenant et agréable, plus complexe qu'on ne le croit et qui mérite qu'on y porte toute son attention. Pas le meilleur du Zep', mais une oeuvre à la fois discrète et de bon goût, qui risque souvent de revenir sur la platine, histoire de savoir si l'on a pas raté quelque chose ou si, tout simplement, on a pas envie encore une fois de prendre un pied intégral. Du bon, mais trop hétérogène pour être facilement assimilable.



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Houses Of The Holy - Infos

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Infos de Houses Of The Holy
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Sortie : 28 mars 1973
Genre : Hard Rock
Label : Atlantic Records
Playlist :
1. The Song Remains The Same (5:32)à écouter en premier
2. The Rain Song (7:39)à écouter en premier
3. Over The Hills And Far Away (4:50)à écouter en premier
4. The Crunge (3:17)
5. Dancing Days (3:43)
6. D'yer Mak'er (4:23)à écouter en premier
7. No Quarter (7:00)culte !culte !
8. The Ocean (4:21)à écouter en premier
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