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Chroniques :: Chronique de Omen

Chronique de Omen

Soulfly  - Omen (Album)

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Omenon!



Depuis deux albums (au demeurant très bons) Soulfly semble se rapprocher plus d’un Thrash violent à la Sepultura qu’un Neo de pouilleux joué sur certains de leurs premiers essais. Conquer laissait entrevoir une évolution vers des sentiers plus hargneux mais toujours aussi portés vers l’expérimentation tribale, ce bon vieux Cavalera aimant toujours autant le Dub et les percus rituelles. Pourtant avec Omen, on a bien droit à tout autre chose, un truc que personne n’attendait et qui n’est sûrement pas le messie.

L’entrée « Bloodbath and Beyond » aurait pu laisser entrevoir une faible continuité dans la qualité tant elle rappelle celle de Conquer, « Blood, Fire, War, Hate ». Là où l’on est frappé de prime abord, c’est par ce côté Punk très prononcé. Un Punk pourtant pas si inhabituel puisque Cavalera a toujours déclaré avoir beaucoup d’amour pour cette scène, glissant par moments des riffs bien acérés dans ses albums comme dans Dark Ages et son « Molotov » survolté. Si disséminer des éléments par ci par là vous colle son petit effet, bâtir la moitié de son opus là-dessus peut vite sembler rébarbatif. Il ne faut pas y voir ici une réticence à la scène qui possède son lot de surprises, mais plutôt un constat larmoyant face à la vérité sur Omen : c’est un album plat et fade au possible aux morceaux trop, mais alors trop répétitifs et linéaires.

Le changement est à encourager chez les groupes tant il est peu courant que ces derniers prennent ce risque mais il est évidemment essentiel de démontrer par A+B qu’il ne marche pas toujours. Ici, c’est la tournure des riffs vers quelque chose de totalement convenu qui est à blâmer (« Lethal Injection », bien simpliste malgré un solo jeu vidéo amusant), d’autant que le père Max nous avait pris de court avec Conquer, hyper thrashy et ciselé de fort belle manière. Le côté Punk mentionné plus haut aurait pu être bénéfique à l’ensemble s’il n’était pas stéréotypé au possible et gonflé de mélodies pas originales pour un sou (« Vulture Culture »). Malheureusement, le problème ne s’arrête pas seulement à ces parties musicales là, il concerne l’ensemble de la musique qui a gagné en médiocrité. Un morceau comme « Kingdom » ne procure aucun effet, de même que « Jeffrey Dahmer », dans une veine Slayer mais totalement inintéressant ou encore « Off with their heads » et son riff principal composé par un gamin de 4ème que seuls les solis incessants de Rizzo et le final égyptien peuvent encore sauver.

En parlant de final égyptien, il est nécessaire de mentionner le fait que Soulfly a perdu de sa superbe en matière de passages « ambient exotique ». Hormis quelques timides moments de bravoure sur le surpuissant « Rise of the fallen » (raaaah ce riff pharaonique est à pleurer de bonheur !) ou le final de « Vulture Culture », il n’y a pas grand-chose à relever dans ce Omen qui fait pâle figure face à ses ancêtres, plus spirituels donc. Soulfly a en fait décidé d’axer son Omen sur la puissance destructrice des guitares, le martèlement de la batterie et les gueleteries sans fin de Max, qui a d’ailleurs aussi perdu de sa superbe – en même temps, il commence à se faire vieux le bougre – a contrario d’un Marc Rizzo, toujours apte à sauver des titres par ses envolées héroïques à la guitare, beaucoup plus présentes que par le passé (peut-être pour combler ce manque d’imagination ?).

Que retenir d’Omen ? Il apparaît évident qu’il ne va pas rester dans les annales comme un essentiel de la discographie de Soulfly (qui n’a d’ailleurs jamais aussi mal porté son nom) et que même les fans les plus acharnés auront du mal à le comprendre. En choisissant de se diriger vers plus de violence guitaristique, la bande de Cavalera a oublié son intérêt expérimental. Adios les accalmies Dub aériennes ou les magnifiques interludes orientalo-mystiques et complexes, ici, seuls deux-trois morceaux portent encore des grains de beauté. Les malheureux guests présents sur l’album ne servent également à rien (le summum étant atteint sur la nullissime « Lethal Injection ») et la traditionnelle Soulfly (déjà VII), joliment reggae, ne relèvera sûrement pas l’intérêt de cet Omen aussi inintéressant que rageant. Pour en rajouter une petite touche, faisons état de la pochette, horriblement horrible, signée M. Gerry Alanguilan, auteur du Godspeed on the Devil’s thunder de Cradle of Filth. Reste que l’on peut garder espoir : si Cavalera arrête de se gratter, il est encore possible qu’il ne chope pas un cancer.



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Commentaires


Voir les 1 commentaires précédents
Et moi de même l'ami. tu te feras ton opinion mais si tu le trouves bon, je me pends ^^
dim. 2 mai 10- 18:37  
Non, c'est une grosse bouse ct'album.
mer. 5 mai 10- 15:13  
J'écoute Conquer donc si j'ai bien compris, vaut mieux que je reste à cet album-là en attendant des jours meilleurs de Soulfly...
mar. 21 sept. 10- 15:48  
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Omen - Infos

Voir la discographie de Soulfly
Infos de Omen
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Sortie : 25 mai 2010
Genre : Neo Metal
Label : Roadrunner Records
Playlist :
1. Bloodbath & Beyond
2. Rise of the Fallen
3. Counter Sabotage
4. Jeffrey Dahmer
5. Lethal Injection" (featuring Tommy Victor of Prong)
6. Great Depression
7. Mega-Doom
8. Kingdom
9. Off With Their Heads
10. Vulture Culture
11. Soulfly VII
écouter : Ecouter l'album

Soulfly

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