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Après quatre ans d’absence, Wuthering Heights nous revient enfin ! Quatre ans entre deux albums, c’est long pour un groupe de metal. Première bonne nouvelle : contrairement à ce que l'on pouvait craindre ce délai n’est pas dû à des problèmes de line up ! Pour la première fois de son histoire, le groupe semble s’être enfin stabilisé ; à vrai dire, c’est même la première fois qu’il ne change pas de musiciens entre deux albums !
Un peu de stabilité, c’est une excellente chose, c’est même ce qui manquait cruellement à ce groupe. Si Erik Ravn a enfin trouvé les musiciens qui lui conviennent, et qui partagent sa vision des choses, ma fois c’est une bonne nouvelle. D’ailleurs, cela se sent dans l’album. Non seulement le groupe n’a pas perdu son temps à recruter de nouveaux musiciens, mais il a pris le temps de la réflexion.
Faire un album sur le thème de la mer n’est pas particulièrement original, quoi qu’un peu plus pour un groupe de metal ; en revanche c’est assez dans l’esprit du power metal melodique, ou en tout cas aux tendances initiées par Rhapsody et
Kamelot. Généralement, le résultat n’est pas déplaisant, et même à l’occasion assez réussi. Est-ce que ce genre d’expériences a de l’avenir, c’est une autre question ; à vrai dire, vu le manque d’originalité de la plupart des thèmes choisis, j’en doute un peu. L’avenir nous le dira.
Dans le cas présent, c’est plutôt une réussite, peut être d’ailleurs parce que l’album n’est pas franchement focalisé sur son thème, ce qui peut paraitre assez paradoxal. De fait, par moment on se demande où est la mer là dedans ; mais comme dans ces moments là on ne peut pas dire qu’on s’ennuie, et bien sommes toute ça n’est pas plus mal.
En revanche, certains passage y sont clairement liés, et sortent du répertoire habituel du groupe. L’utilisation du low tempo notamment, totalement inhabituel chez Wuthering Heights, ou divers éléments tels que des passages de chant lent et sombre, avec accompagnement lointain, dans le style « vieux marin ivre en train de laisser errer son regard sur l’horizon ». En particulier sur Weather the Storm ou The Mad Sailor, on trouve des choses assez curieuses te totalement inhabituel pour du metal ! Bien sure on peut (et on risque) de ne pas aimer, mais globalement c’est plutôt sympathique, et la voix de Nils Patrik Johansson s’y adapte très bien.
Ce dernier semble d’ailleurs en grande forme tout du long de l’album ; depuis The Shadow Cabinet il n’a absolument rien perdu de sa puissance, ni de sa technique si particulière.
Tout le groupe semble à la fête d’ailleurs, et la rapidité du tempo ne les gêne apparemment nullement , loin de là. Les riffs sont courts et puissants, en revanche les soli sont assez rares.
Un élément de regret cependant, les chœurs sont beaucoup moins présents, et de façon moins efficace globalement ; toutefois cela reste assez marginal. Le chœur de marin ivre de Water of Live ventant les mérites du whisky est en revanche très réussi !
De solides bases donc, sur lesquelles on est venu greffer quelques éléments baroques, parfois à la limite de l’incongrue ; car il arrive que les transitions soient un peu ratées, voir inexistantes. Un ensemble connu et apprécié, que l’on vient parsemer de sonorités nouvelles, qui heurtent l’oreille, attirent l’attention, et créent l’originalité… C’est plaisant mais un peu facile quand même ; pour un album ça va, mais il faudrait éviter de généraliser le concept !
Car si cela permet de faire de l’originalité à peux de frais, ce n’est pas de cette manière que l’on peut vraiment se renouveler… Mais encore une fois, pour un album l’expérience est plaisante, et mérite d’être faite.