Un peu plus d'un an après
The Last Command,
W.A.S.P. nous revient comme une fleur avec
Inside The Electric Circus avec sa pochette assez particulière, mais qui a le mérite de nous montrer que
Blackie Lawless, maître à penser du combo, est passé de la basse à la guitare. Voilà pour la principale nouveauté de ce
W.A.S.P. nouveau cru, qui se place dans la droite lignée de ses deux prédécesseurs.
Pour ainsi dire, on assiste à une espèce de grand recyclage de ce que le groupe a pu proposer sur ces précédents albums. On retrouve le sens du refrain qui fait mouche, même si l'on reste toujours assez éloigné des riffs assassins du premier opus, quand la formation n'avait peur de rien et cherchait principalement à choquer. Il n'est donc pas étonnant de remarquer que ce
Inside The Electric Circus, sympathique au demeurant, est assez policé dans sa forme, rangeant le heavy metal de
W.A.S.P. dans une espèce de moule confortable, fait de riffs avec ce qu'il faut de distorsion pour être un peu sales et la voix de Lawless qui s'occupe de faire le reste, légèrement grumeleuse et éraillée.
Globalement plus heavy que
The Last Command malgré tout, Inside... rentre tout de même dans une certaine routine avec des morceaux construits sur le même schéma ; l'ensemble manque parfois cruellement de variété et de cet assemblage, si certains titres restent facilement en tête grâce justement aux refrains, d'autres finissent par passer à la trappe sitôt passés. En manque d'inspiration, Lawless se laisse volontiers aller au pilotage automatique comme en atteste les deux reprises qui figurent sur le skeud,
I Don't Need No Doctor de Ray Charles et surtout une
Easy Living plus croustillante, à l'origine de
Uriah Heep. Cette dernière ayant le mérite de garder le style de
Ken Hensley tout en lui donnant un côté sale et rugueux, agrémenté d'un solo bien envoyé. Mais deux reprises sur douze titres, comptant également une introduction qui aurait pu être directement intégrée au titre éponyme, ça fait beaucoup. Surtout quand le groupe peine à se montrer explosif. Lawless a beau donner de la voix, se montrant velours ou glace, si les compositions restent moyennes, voire juste bonnes, ça ne suffit pas à faire un grand disque et
W.A.S.P. va s'en mordre les doigts.
Inside The Electric Circus est un album qui ne survit pas au temps, malgré quelques qualités évidentes. les morceaux sont alignés soigneusement, mais le groupe se doit de franchir un pallier et il ne cesse de piétiner du coup. C'est doimmage, car des titres comme
Restless Gypsy ou
King Of Sodom And Gomorrah auraient mérité un meilleur sort, avec un peu plus de folie, plus de gniack, de fureur. Ce qui leur fait un peu défaut. Et quand certains refrains sont calqués sur d'anciennes chansons qui n'ont plus à faire preuve de leurs qualités, on se dit tout de même que le père Lawless nous prend un peu pour des truffes (
The Rock Rolls On).
Inside The Electric Circus n'est pas inspiré, c'est un fait. Et Blackie Lawless s'en rendra très bien compte par lui même, au point de complètement changer son fusil d'épaule par la suite. Pour le moment, le groupe choquant joue juste sur son imagerie, sur vinyle, il demeure assez inoffensif et juste plaisant à écouter. Finalement, c'est peut-être le disque idéal pour connaître le groupe, avant de passer à des morceaux de choix dans une discographie qui a connu des hauts et des bas.