Kawir n’est pas vraiment le nouveau venu sur la scène extrême. Evoluant depuis 1993 dans un Pagan Black à l’ancienne, les grecs sortent en cette année 2010 un excellent EP qui risque de passer moins inaperçu que le reste de sa discographie.
Après avoir défendu sa musique sur les planches, en particulier à Paris d’où le DVD est tiré,
Kawir revient avec un concentré de haine
hellénique : To Uranus.
Très vite, on comprendra que l’appellation Pagan Black est bien trop floue pour définir le style de
Kawir. Avec une telle étiquette, on pense à toute une mouvance Black tsoin tsoin/folk du Nord de l’Europe, un style qui tourne en rond à force que les groupes se copient les uns sur les autres.
Au contraire,
Kawir nous livre-là une œuvre bien personnelle qui puise majoritairement ses influences dans un Black Metal racé, haineux et violent. Quelques éléments plus folks très discrets font irruption par moments pour donner une dimension plus païenne à la musique. Mais ces mêmes éléments folks n’on rien à voir avec le folklore Germanique. Et c’est en ça aussi que le groupe tire son épingle du jeu.
L’esprit qui découle de cet album est résolument plus Black que Folk puisque l’on retrouve cette haine sans limite qui se fond parfaitement dans le paysage musical du groupe.
On pense par moments à certains groupes de la scène de l’est qui mélangent bien souvent le folklore local avec un Black Metal bien cru.
Mené par un chant vraiment profond et froid,
Kawir nous embarque dans son univers loin de toute modernité et nous livre une œuvre non dénuée de mélodies. Des compositions bien trempées, un savoir-faire personnel et un sens de la mélodie imparable font de cet EP un disque à recommander à tout amateur du genre. On appréciera particulièrement l’importance laissée aux ambiances et aux passages plus mid-tempo avec des chœurs féminins comme sur Sword Of Dardanus par exemple. Ainsi, un peu de répit est donné à l’auditeur et il apprécie mieux les passages plus rapides et plus agressifs qui constituent tout de même la majorité de cette galette. L’utilisation ingénieuse d’instruments folkloriques vient donner une autre dimension à l’art des grecs.
Du haut de ces six morceaux, To Uranus s’impose comme un élément incontournable dans la discographie du groupe. C’est en tout cas un EP parfait pour patienter jusqu’à un nouvel album ! On regrettera juste par moments une production un peu faible comme sur
Sinn (The Blazing
Queen) qui présente un son pas toujours terrible mais au final, ce n’est qu’un détail.
A savourer comme de l’ambroisie !