Après huit ans d'absence studio (
Back From The Dead datait tout de même de 1997),
Obituary revient comme si de rien n'était sur le devant la scène avec ce
Frozen In Time pour le moins inattendu. Même s'il n'y avait pas eu de grande annonce de breaks, pour beaucoup, le groupe avait sombré au fond d'une oubliette où lentement il pourrissait. Et à dire vrai, personne n'attendait grand chose d'un tel come back,
Obituary n'étant pas connu pour être un groupe capable d'avancer dans le temps. Et très vite, cela va se confirmer ici, maladroitement.
La formation vit toujours dans le souvenir de
Slowly We Rot, son premier album. Une ombre dangereuse qui plane toujours sur les musiciens, qui ne savent pas comment s'en dépêtrer et qui continuent coute que coute à essayer de retoucher à ce manne providentiel, n'arrivant jamais à cela, même si à quelques reprises, ils ont échoué à la dernière marche (
Cause Of Death). Aussi,
Frozen In Time, sur le papier, n'a rien d'excitant,
Obituary se contentant de faire du
Obituary, sans chercher à se remettre une question une seule seconde (la seule fois où ils ont essayé, c'était pour se planter commercialement parlant sur World Demise qui se teintait d'influences plus hardcore).
Et effectivement, une fois que le disque tourne, ce n'est pas franchement folichon. D'une durée abominablement (ou heureusement) courte, l'album débute par un
Redneck Stomp qui est en fait un instrumental qui joue sur les rythmiques et il faut donc attendre, patiemment,
On The Floor pour se mettre quelque chose sous la dent de consistant. C'est plutôt rapide, la batterie de
Donald Tardy claque comme elle claque d'habitude, les riffs sont estampillés
Obituary, les vomissements de
John Tardy sont toujours là, mais en toujours moins flamboyants que par le passé, où il faisait réellement peur tandis qu'à présent, il prête au pire à sourire. Les soli de
Allen West fusent comme à leur habitude et on a droit à un titre plus que correct.
Mais bien vite, le soufflé, qui avait déjà du mal à monter, va retomber. D'un claquement de doigt, quand
Obituary va se perdre dans des mid tempos mal agencés qui ne se distinguent en rien des uns des autres.
Frozen In Time en deviendrait presque léthargique et dénué d'intérêt, si ce n'était des pointes de vitesse qui apparaitraient ça et là, à des moments où les paupières justement deviennent lourdes (
Stand Alone arrive à point nommé pour revitaliser un ensemble qui devenait dangereusement moribond - et pour du death metal, ça la fout mal).
Obituary ne change pas. Il joue dans la lignée de
Back From The Dead, qui lui-même était dans la lignée de
The End Complete, qui lui-même cherchait à toucher le statut de
Cause Of Death, qui lui essayait de reproduire l'effet d'un
Slowly We Rot. Le constat est accablant. Terriblement accablant. Alors pourquoi pardonner à
AC/DC,
Motörhead ou encore
Iron Maiden ce que l'on reproche à
Obituary ? Pourquoi les fustiger sur leur manque de créativité alors que d'autres groupes ont toujours évolué dans un registre similaire de celui qui a fait leur succès ? Parce que
Obituary n'y arrive tout simplement plus ? Parce que
Obituary est un groupe qui s'est imposé sur un disque, le premier et qui par la suite a oublié ce qui avait fait le charme de
Slowly We Rot ? Cette ambiance digne d'un film d'horreur gore, où la suggestion intervenait aux meilleurs moments pour créer un climat de terreur abyssale ? Oui, il y a de ça.
Obituary avait les épaules trop frêles pour assumer un tel statut et la suite n'a été qu'une lente dégénérescence d'abord, avant de se transformer en une chute sans fin.
Frozen In Time, c'est un album d'
Obituary en plus. Ou en moins, selon le point de vue du porte-monnaie, qui peut tranquillement rester fermer face à ce skeud sans grand intérêt. Les fans, il y en a encore, ne seront absolument pas de cet avis. Mais
Obituary, après huit ans muré dans un silence semblable à la mort qu'il met en scène, n'a toujours rien à dire de neuf et ne parvient toujours pas à recycler correctement le vieux. Triste constat d'échec pour une formation qui sera toujours le groupe d'un seul album : le premier.