Le magazine portugais HORNSUP, qui existe en version papier et en ligne depuis maintenant un peu plus d'un an, a eu la bonne idée de sortir une compilation qui, à la manière de "French Metal" pour la scène francophone, propose 20 morceaux interprétés par 20 groupes portugais ou brésiliens actuels. La démarche est donc à saluer, d'autant plus que si HORNSUP a publié une compilation en version digipack, on peut aussi la retrouver en téléchargement libre -et donc gratuit- sur le site du magazine (ici :
http://attack.hornsup.net).
Même si les scènes metal du Portugal et du Brésil ne sont pas des plus connues par chez nous en Europe, à l'exception des cadors que sont
Moonspell,
Krisiun,
Angra ou
Sepultura, elles recèlent nombre de groupes intéressants dont il serait dommage de passer à côté. C'est un peu l'objectif de HORNSUP, en plus d'accroître sa propre visibilité, que d'en faire connaître quelques uns de manière plus large. Difficile d'avoir des informations extrêmement précises sur HORNSUP, mais le contenu de leur site et les ses "unes" permettent de penser que le magazine a une orientation plutôt "mainstream", se concentrant, au delà des groupes lusitaniens, sur des groupes et genres relativement en vogue (deathcore, neo, etc.).
Qu'attendre donc de cette compilation? A l'écoute du disque, on est immédiatement surpris par la lourdeur et la puissance des premiers titres. Techniques et brutaux, des morceaux comme
Do You Feel Cleansed ou
Unheard Demand font la preuve d'une certaine influence deathcore à la nord-américaine. Ce "Attack! Volume I" s'avère tout de même assez varié puisqu'on y retrouve aussi bien du grind (
Cegueira Santa) que du hard rock (
Deathblow), du neo à la
Lacuna Coil (
Waste My Time), du metalcore (
Aliança,
Survival Sign), du hardcore (
Reverse The Flow,
The Victory Speech) ou encore du thrash (
Cradle Of Violence).
Il est donc intéressant d'avoir une certaine diversité, et cette compilation ne se présentant pas comme particulièrement éclectique, on ne pourra lui reprocher son manque de cohérence. Pourtant, on peut regretter ce panorama quelque peu limité que nous offre là HORNSUP sur les scènes brésiliennes et portugaises. A la différence d'un
French Metal, pour reprendre la comparaison, le magazine portugais reste malheureusement dans une optique vraiment très mainstream, bien que ce soit avec des groupes peu connus, qui ont certainement besoin d'une telle promotion et qui, comme le montre cette compil', ont pour nombre d'entre eux un talent incontestable.
Si l'ensemble n'est donc pas mauvais, les genres les plus extrêmes, mais aussi les moins conventionnels, se retrouvent marginalisés voire exclus à quelques exceptions près (Thriven, Seven Stitches) au profit de cette orientation finalement très "core".
La confirmation qu'on a de plus en plus affaire à ce que Sam Dunn appelait dans son documentaire du même nom un "global metal"? Ou peut-être n'est-ce que le constat un peu cliché d'un chroniqueur déçu qui s'attendait inconsciemment à quelque chose de plus cru, "exotique" et original...