Avec
12 Gauge,
Kalmah fêtera en quelque sorte ses dix années d'existence et de loyaux services à la scène finlandaise. Le metal à la fois mélodieux et agressif du combo semblait avoir connu une apogée en 2003, suite à la sortie de l'excellent
Swampsong - généralement considéré comme le chef-d'œuvre incontesté de la formation –, avant de s'orienter vers un registre plus direct et sauvage (et donc moins « branlette de manche ») illustré par
The Black Waltz trois ans plus tard. Les musiciens conserveront plus ou moins ce style relativement efficace jusqu'à aujourd'hui, avec cependant une fâcheuse tendance à se répéter ... Et après un
For The Revolution qui avait laissé les fans de marbre,
Kalmah se devait de rectifier le tir avec un album à la hauteur de nos attentes !
« Gauge » est le terme anglophone désignant le calibre d'une arme à feux, et en l'occurrence, « 12 Gauge » est le diamètre de canon caractéristique des fusils à pompe militaires – voilà qui annonce la couleur ! C'est avec ça que l'on pêche dans les marais désormais ? En effet, et ça tombe comme une fatalité,
Kalmah n'a plus rien de la finesse des premières heures. Il n'est pas aisé de s'imaginer que le combo à l'origine des titres titanesques que sont
The Groan Of Wind où encore
Heroes to Us soit à l'origine d'une œuvre si banale et inconsistante. Et pourtant il faudra bien s'y faire ...
Le fait est que
Kalmah s'est fait maître de l'auto-plagiat médiocre, autrement dit, de l'art d'exploiter indéfiniment la même recette (efficace à la base !) mais en beaucoup moins bien. Ainsi, à l'écoute de ce
12 Gauge, on aurait l'impression d'avoir à faire à un mauvais cover band, à un groupe amateur (excepté sur le plan de la production) qui peinerait à plagier les premiers opus de
Kalmah. Bref, le combo n'a plus grand chose de frais à offrir au metal, si ce n'est une espèce de thrash death mélodique bas de gamme transpirant le manque d'inspiration et teinté d'une touche de folk à deux francs. Rien à se mettre sous la dent quoi !
12 Gauge n'est pas fondamentalement un album médiocre, il est juste trop commun et trop peu inspiré pour valoir réellement le détour. Entre l'ouverture pseudo-tragique de
Rust Never Sleeps qui débouche sur un riff thrash à mourir de rire, des solos de guitare qui n'ont d'autre utilité que de faire la démonstration d'une technique franchement pas exceptionnelle (et pas au service de la musique) où encore une introduction qui sent le réchauffé à plein nez comme celle de
Bullets are Blind, autant dire que ce nouvel opus ne regorge pas de surprises ! De plus la scène mélodique finlandaise est bien trop saturée pour qu'une œuvre aussi banale sorte du lot.
Il ne fait aucun doute que les fans de
Swampsong qui rêvaient d'être surpris après deux albums plutôt moyens seront très déçus par ce nouvel opus, au point de lâcher totalement un groupe qui n'aura pas su maintenir une qualité constante depuis ses débuts. Il ne fait de même aucun doute que
12 Gauge plaira aux amateurs de metal mélodique ne demandant rien de plus que de la soupe réchauffée au micro-onde. Une chose est sure : le combo ferait mieux de faire le point sur son parcours, voire de faire une petite pause afin de se ressourcer en inspiration et de produire enfin une œuvre de taille.