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Chroniques :: Chronique de The Cold White Light

Chronique de The Cold White Light

Sentenced  - The Cold White Light (Album)

 5 
10

Tièdasse.



Crimson n'était pas un album formidable. Sentenced avait trouvé une recette qu'il appliquait consciencieusement depuis l'excellent Down (1996), en polissant les angles de sa musique rugueuse et efficace à chaque nouveau disque. The Cold White Light suit donc le même chemin, sans grande surprise, toujours un peu plus lisse, toujours un peu plus prévisible aussi. Il semble loin le temps où Sentenced était en constante évolution, où du death primaire ils avaient gagné en mélodie jusqu'à devenir un groupe de heavy aux faux airs gothiques, avant de se transformer en une parodie d'eux-mêmes.

Heureusement pour les Finlandais, le constat n'est pas trop accablant, le groupe parvient à sauver les meubles grâce à des refrains bien amenés, qui apportent une touche de vitalité bienvenue dans les morceaux. Si ces derniers ne sont pas tous très motivants, c'est que Sentenced a sombré dans une espèce de routine fadasse, qui a marqué un coup d'arrêt à sa créativité. C'est une usine de recyclage qui à chaque fois produit un nouvel ensemble, alléchant tout d'abord avec ses mélodies mélancoliques, venues du froid, jusqu'à ce que l'on se rend compte de l'impression de mollesse que dégage la galette, alors que l'on attend une espèce de rudesse aventureuse. De la standardisation nait l'ennuie et cela avait déjà frappé sur Crimson, cette impression de tourner en rond, de faire un album pour contenter les fans, un prétexte pour partir en tournée, comme si la passion n'était plus là où que l'alcool avait tout simplement inhibé toute créativité.

Difficile du coup d'être pleinement satisfait par The Cold White Light qui n'apporte rien de nouveau, juste du déjà entendu, en plus fin peut-être, mais rarement suffisamment puissant pour vraiment satisfaire l'auditeur qui cherche plus qu'un album de ce qui peut passer pour un album gentiment gothique et doucement heavy. Bien sûr, certains morceaux sortent du lot, comme ce Cross My Heart And Hope To Die, propulsé par un refrain accrocheur à souhait, presque trop facile, ou ce Excuse Me While I Kill Myself qui n'est pas sans évoquer Killing Me Killing You placé à la même place approximativement sur Crimson. Sur ce titre en particulier, on retrouve le Sentenced qui a su s'imposer lors de la seconde partie des années 90, vindicatif, plus rugueux, mais sans jamais renier la mélodie.

Sentenced ne se renie pas pour autant, il utilise aussi des gimmicks qui ont fait leur succès, comme ces passages qui s'adoucissent, annonceurs d'une montée en puissance certes prévisible mais jouissive, ou ces "yeah" scandés par Ville Laihiala (Brief Is The Light) qui renvoient à l'époque de Down. Des petites choses qui accentuent le fait que l'on se trouve en terrain connu mais qui en même temps, se montrent rassurantes. Paradoxalement, ils contrebalancent le fait qu'il s'agit d'un album sans surprise en lui donnant un peu d'âme et le sauvant d'un naufrage prévisible. Mais cela reste bien trop insuffisant pour faire d'un disque sans grande recherche un opus de qualité.

Cela commence sérieusement à sentir le sapin pour Sentenced, comme semble le montrer ironiquement le groupe en mettant une photo d'un cercueil au verso du livret. D'ailleurs, le prochain album, sera le testament d'une formation qui à force de stagner s'est brûlé les ailes. The Cold White Light n'est pas un pur échec, il navigue entre deux sentiments pour l'auditeur, la satisfaction et la froide résignation. Juste au milieu. UNe impression contrastée pour un disque qui au final, s'avère juste moyen. Il est dommage de voir un tel potentiel gâché...



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