Les Slovènes de
Noctiferia nous reviennent en ce mois de mars 2010 avec leur troisième album et on peut dire que pour le coup, ils ont mis les petits plats dans les grands. Pensez donc : enregistré chez
Mass de
Samael en Suisse, mixé par
Peter Tägtgren aux mythiques
Abyss Studios, autant dire que nos cinq enfants de chœurs ne font rien pour ne pas se mettre la pression. Apposer de grands noms sur une jaquette n’est pas toujours une garantie de sérénité car les fans vont se focaliser dessus et espérer un son digne de leurs attentes, de plus en plus élevées.
Donc autant calmer le jeu tout de suite, la production de ce disque est tout simplement énorme. Et elle permet d’apprécier l’évolution de
Noctiferia, qui mine de rien a pas mal progressé depuis ses débuts. Toujours à la frontière de plusieurs styles, le groupe ne semble toujours pas faire de choix concrets quant à une direction musicale unique et c’est tant mieux vu que la formation est bien plus crédible dans ce genre « avant-gardiste » à l’échelle de son pays. Pas franchement death, ni black, saupoudré de touches industrielles costaudes et virulentes,
Noctiferia suit son petit bonhomme de chemin, avec la seule intention de botter un maximum de culs sur son passage.
Dès
Premonition, introduction bruitiste où
Gianni Poposki s’exprime à travers un mégaphone (ce qu’il fera à plusieurs reprises tout au long de l’album), on remarque cette morsure indus, par un côté martial accentué, qui explosera littéralement sur l’efficace
Terror, qui ne laisse que peu de chances à l’auditeur. Une écoute au casque se montre même quasi obligatoire pour en saisir toutes les subtilités. Et souvent, le casque sera nécessaire pour capter pleinement le discours de
Noctiferia, au point où cela peut devenir un défaut sur la longueur.
Surtout que le disque n’est pas forcément très varié. Beaucoup de titres sont bâtis sur le même schéma, du melting pot où ressortent les diverses envies des musiciens, sans pour autant proposer des lignes rythmiques ou mélodiques très différentes. Mais la lassitude ne peut s’installer car des pics sont fréquemment atteints (
Non Individuum,
Samsara et ses ambiances orientales de toute beauté), des moments forts qui font rapidement oublier des compositions pas forcément faibles, mais parfois trop répétitives pour vraiment attirer l’attention.
En suite, question originalité,
Noctiferia se pose un peu là. On ressent clairement l’influence de
Samael par instants, dans cette façon d’aligner discrètement les machines sur des parties très puissantes, le génie créatif en moins cependant. Ce qui n’empêche en aucun cas les Slovènes de s’en tirer avec les honneurs vu la bonne volonté et les moyens mis en œuvre pour donner naissance à leur dernier rejeton.
Noctiferia en 2010 ? Un groupe qui poursuit son petit bonhomme de chemin, sans vraiment se soucier de ce qui se passe à côté de lui et qui fait la musique qui lui plait, avec une certaine réussite.
Death Culture est un très bon disque à ce mettre sous la dent en ce début d’année, pas parfait, certes, mais bien motivant tout de même.