Avec
Ghost reveries,
Opeth marque un tournant dans sa carrière, tournant qui sera fortement contesté par certains fans en raison de l’apport nouveau du clavier et du côté plus rétro de l’ensemble. Gros virage dans la discographie du groupe,
Ghost reveries dévoile une nouvelle facette de leur musique.
Le diptyque Deliverance/Damnation marquait la fin d’une ère. En poussant dans ses retranchements son art de la nuance musicale (un album très Death et un album acoustique),
Opeth se devait de se renouveler. A l’écoute de ce
Ghost reveries, le constat est frappant :
Opeth a changé, la musique n’a plus la même intensité et l’atmosphère est différente. Ici, pas de lacs mystérieux ou de forêts brumeuses, place à la profondeur d’un esprit fantôme dansant (l’intro de « Beneath the mire » avec ses claviers groovy) ou à la noirceur et la densité d’un sentiment ineffaçable (la magnifique « Isolation years » tout en douceur). L’album est travaillé sur des thèmes bien précis et c’est une première pour le groupe. Akerfeldt a puisé dans des ouvrages spécialisés en légendes noires appartenant à sa femme. Les paroles se veulent sombres et nous content des histoires maléfiques, la musique se voulant elle-même inquiétante.
Celle-ci reste puissante comme jadis, avec des titres comme « Ghost of Perdition » ou « The Baying of the Hounds » mais elle a aussi énormément changé et évolué. Le clavier est désormais omniprésent et n’officie plus qu’en tant qu’instrument d’apparat (le long interlude « Atonement », merveille de légèreté et de minimalisme avec ses petites touches de piano). Per Wiberg est donc le nouveau claviériste du groupe et son jeu apporte énormément à l’univers du combo. Très jazzy, il amène des touches plus sombres mais aussi plus progressives et confère au tout une ambiance rétro proche des 70’s (qui sera plus exploitée sur Watershed) comme sur la majestueuse « Hours of wealth » au chant à la limite du crooner, qui entre directement dans les plus belles compositions des Suédois. Néanmoins, il sait aussi rester en retrait rappelant ainsi les précédentes compositions à l’image d’un « Reverie/Harlequin Forest » terriblement progressif et grandiose. L’album aurait alors pu être sans faute s’il n’y avait pas eu ce « The Grand Conjuration » extrêmement stéréotypé et pauvre artistiquement lorsque l’on connait
Opeth.
De changement il est question avec ce
Ghost Reveries. Le groupe change complètement de direction et opère un virage très net avec son passé, se voulant très différent dans son approche, en instaurant des éléments jazzy grâce à Per Wiberg, claviériste de grand talent. L’album nous offre alors des morceaux parmi les plus réussis de leur carrière (« Ghost of Perdition », « Hours of wealth » et « Reverie/Harlequin Forest » en tête) et montre la capacité d’
Opeth à évoluer et à s’aventurer dans d’autres genres musicaux. A noter également la présence d’une reprise de « Soldier of fortune » de
Deep purple dans la réédition du CD qui n’est malheureusement pas à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer, la faute à un chant trop excessif.