Doodsdrek est un groupe formé par des membres du prestigieux (pour ceux qui connaissent) Lugubrum.
Si ce dernier semble très sombre et expérimental,
Doodsdrek envisage le Black Metal d’une manière assez différente…
Avec ce premier opus éponyme,
Doodsdrek nous présente un album qui pue les ténèbres. Un disque qui rappelle par certains aspects les heures de gloire du malicieux
Hellhammer. Les passages à la fois lents et chaotiques, et surtout, d’une extrême noirceur, viendront inévitablement plonger l’auditeur dans un monde malsain, misanthropique et très sale…
Si le Black Metal de
Doodsdrek présente un visage très primitif, on sent une certaine volonté de se distinguer de la masse de groupes qui utilisent des productions hyper-modernes. Ici, les belges proposent non pas un retour aux sources, mais un retour à LA source : Le Mal dans sa dimension la plus simple.
Ainsi,
Doodsdrek nous plonge dans le chaos le plus total. Ici et là s’entremêlent des riffs lourds et froids. Le chant est lointain, comme s’il était au fond des abysses, en train de nous appeler, pour nous plonger encore mieux dans ce monde tourbillonnant et inquiétant. Et petit à petit, l’Enfer prend forme autour de nous, dans ce paysage musical stérile et dévasté. On est bercé entre les cris démoniaques qui font rage autour de nous, entre les rafales de batteries qui martèlent le hall de l’enfer, et chaque fondation risque de s’effondrer à tout moment !
Doodsdrek joue une mélodie pour les morts, au milieu des morts. On se croirait sur un champ de bataille, mais après la bataille, errant au beau milieu des cadavres en putréfaction.
La pochette, à l’image de la musique est simple, froide, et inquiétante. Elle présente la Mort en personne, rendant une dernière fois hommage à ces corps sans vie, tombés, en leur jouant un dernier requiem. Mais il semblerait qu’elle ait oublié d’ajouter la douceur qu’il se doit pour accompagner ces âmes auprès du Divin. Au lieu de cela, c’est le Diable en personne qui prendra le soin de recueillir ces corps pour les mettre à son service.
La musique de
Doodsdrek n’est pas vraiment facile d’accès à tout néophyte dans le milieu du Black. Elle demande d’ailleurs une certaine approche pour être appréciée pleinement. Son côté froid, sale et profond pourra en rebuter plus d’un. Et si au final, les belges ne nous présentent rien de vraiment innovant, rien de vraiment transcendant, ce premier opus une saveur perfide pas désagréable qui donnera sans doute l’envie à certains d’entre vous de vous y plonger, ou vous y replonger.
On regrettera par contre une production certes old school et dans l’esprit de l’underground, mais qui ne met pas assez en valeur les instruments. Le rendu final manquera un peu de puissance, mais on s’y habituera assez facilement…