Après avoir secoué la critique avec un Nightly Ray inspiré, après une tournée triomphale en compagnie de
Kreator,
Caliban et
Eluveitie, les allemands d'
Emergency Gate reviennent en ce début d'année 2010 avec leur quatrième album,
The Nemesis Construct. Fort d'une signature toute fraîche avec le label Twilight Zone Records (
Eluveitie,
Endstille...), le combo germanique s'apprête une nouvelle fois à prêcher la bonne parole, avec son Death Mélodique aux influences Metalcore particulièrement accrocheur et moderne.
Avis aux amateurs!
Il suffit de voir l'artwork de ce nouvel opus pour comprendre que la formule d'
Emergency Gate, certes efficace, n'a pas bougé d'un iota. Même s'il est réalisé par Raf W. (
Metallica,
Slayer,
Iron Maiden,
Soulfly...), on ne peut pas dire que le contenu graphique de
The Nemesis Construct a de quoi décoller une rétine...
Un triste constat, à l'heure où le visuel compte autant que la musique elle-même...
Quoiqu'il en soit, et bien que ce premier point ne soit des plus enchanteurs, les compositions de cet opus ne sont pas vraiment à l'image de l'artwork. Avec un
The Nemesis Construct résolument accrocheur et efficace, il est clair qu'
Emergency Gate surfe sur la vague moderne du Death Mélodique 'à la suédoise', librement inspiré d'un
Soilwork en bonne forme, parfois même d'un
Sonic Syndicate sous amphètes.
Le résultat est naturellement catchy, bénéficiant en prime d'un son puissant parfaitement inscrit dans l'air du temps.
Tout démarre avec "Alternative Dead End". Peut-être plus Metalcore que la suite de l'opus, ce titre nous balance riffs inspirés et autres nappes de claviers réussies. Une bonne mise en bouche, même si le refrain à la
Sonic Syndicate peut en rebuter plus d'un.
C'est d'ailleurs le principal défaut de
The Nemesis Construct:
Emergency Gate semble vouloir se rapprocher du combo de Falkenberg en usant de tous ses artifices: chant clair parfois sirupeux et souvent dispensable ("Nothing to Lose", As My Bride Cries Blood", "The Green Mile" ou encore "World Escape"), associé à des sonorités énergiques dues à une présence rythmique des plus conséquentes.
Fort heureusement, Matthias Kupka est un bon chanteur, et outre ces morceaux, il parvient à être plus convaincant sur la suite. On pense notamment à ce lot conséquent de refrains accrocheurs qui eux tiennent la route ("Story of a Psychopat", "Point Zero", "The Green Mile" ou "In Vain").
Mais ne rendre hommage qu'à ce chanteur serait une erreur, car ce qui fait également la réussite de
The Nemesis Construct c'est sa collection de riffs accrocheurs, peuplant la quasi-totalité de l'opus (avec en tête "Excite!", "The Green Mile" et "In Vain"). Il faut reconnaître que même si l'inspiration nord-européenne est facilement identifiable,
Emergency Gate réussit là un joli tour de force, qui trouve son apogée sur l'excellent "Dark Side of the Sun", lorgnant du côté d'un
Soilwork avec en prime Tom Englund d'
Evergrey sur le refrain pour une prestation des plus honorables.
Même si l'artwork peut en refroidir plus d'un, cet album vaut quand même la peine d'être écouté, c'est une certitude.
Avec
The Nemesis Construct,
Emergency Gate n'a que légèrement modifié sa recette, notamment en soulignant son approche moderne du Death Mélodique. L'aspect Metalcore est également plus présent, et même si certains pourront y voir ici un manque d'inspiration, il faut bien reconnaître qu'on tient là une bonne production. Les riffs sont accrocheurs, les refrains mélodiques et les arrangements sont poussés.
Alors oui, ce n'est pas original pour un sou, mais il n'empêche que les compositions tiennent la route et c'est bien ce qui importe au final!