Avec un artwork comme celui-ci, on s'attendait à voir débarquer une nouvelle formation scandinave, avec un logo trve et ses paysages enneigés... Or il n'en est rien puisque
Battle Dagorath est un groupe californien! Alors oui, il s'agit bien de Black influencé par la scène nord-européenne. Cet
Eternal Throne, premier album du groupe, nous verse un black haineux, glacial, Ã la limite parfois du Black Ambiant. Et ce n'est pas la participation de
Vinterriket sur deux morceaux qui va changer cette impression...
Passons le somptueux artwork et lançons
Eternal Throne.
Comme je vous le disais plus haut,
Vinterriket participe à l'opus, en étant l'auteur de l'intro et de l'outro. Forcément, un sentiment glacial s'empare de l'auditeur dès les premières secondes, ce qui laisse présager un album froid et mélancolique. A l'arrivée de "Dead Eyes Of The Moon", le côté mélancolique disparaît pour laisser place au véritable visage de
Battle Dagorath: un Black-Metal torturé et froid. Les hurlements de Wulskreiger résonnent, puis se heurtent aux blasts de WitchHammer. On quitte donc le Black Ambiant d'un
Vinterriket pour une musique plus speed, dotées de quelques structures atmosphériques.
Les compositions de
Eternal Throne ne sont pas vraiment originales, mais ont le mérite d'embarquer l'auditeur dans un dédale d'images pures et vierges à la façon d'un
Vinterriket justement, mais différemment. Pour revenir aux sonorités ambiantes de
Battle Dagorath, "Carn Dûm" sonne une sorte d'entracte à consonance glaciale. Bon morceau, même si l'influence se fait fortement ressentir...
Le trio s'appuie sur une production légèrement granuleuse qui place le chant en retrait (en légère résonnance, histoire d'atténuer le côté mystique...). Les guitares ont un grain proche de celui de
Monarque, tandis que la batterie est réglée sur double continue, agrémentée pour l’occasion de quelques blasts.
Un son général bien froid en somme, qui dessert plutôt bien les compositions de
Eternal Throne, même si le mix final peut manquer de pêche (mais c'est le style qui le veut!).
Au final, un premier album passé inaperçu, mais qui a le mérite d'être plutôt intéressant, à défaut d’être original. Les neuf compositions de
Eternal Throne sont de longs morceaux évolutifs qui laissent émerger une ambiance froide que Wulskreiger s'empresse de traduire par son chant féroce et haineux. La participation de
Vinterriket est inattendue et plutôt réussie.
Eternal Throne ne révolutionnera pas le genre, mais
Battle Dagorath sort un premier album abouti qui trouvera son public.