Battre le fer tant qu'il est chaud, voilà une expression qui n'a pas échappé à Noise. En 1989, Helloween est au sommet de sa popularité, une apogée atteinte en seulement quatre ans et trois albums rondement menés. Les
Keeper Of The Seven Keys ont sacralisé les Citrouilles, des concerts remarqués, dont l'ouverture du premier Monsters Of Rock français (devant
Anthrax,
Trust et les inexorables
Iron Maiden) ont rajouté au prestige. On prédisait au groupe une carrière à la Iron Maiden ou à la
Metallica et l'annonce du départ de
Kai Hansen parti fonder
Gamma Ray faisait également parler du groupe. Alors pourquoi ne pas sortir un album live ?
Sous une pochette à la caricature subtile se cache un disque enregistré en public qui possède une âme. Certes, il n'y a que sept titres pour une durée totale de 50 minutes et des poussières, mais on se rend compte tout de suite de l'ambiance, de ce soutien du public écossais (oui, je sais, UK, mais c'est Scotland en fait) qui adhère complètement au potage de potiron, mené par un
Michael Kiske bouillonnant qui se pose comme un frontman accompli. Il parle beaucoup (près de huit minutes sont réservées à ses délires entre les morceaux, entre le balourd et le plus subtil), accompagné par ses compagnons de scènes qui participent grandement à cette aura particulière. Aussi, durant un Future World qui se prête très bien à ce genre d'exercice, Kiske se transforme en Elvis, la musique devient rock'n'roll, la foule chante, encouragée par le jeune vocaliste, scande ces "Cause we all live in future world" avec entrain, ne faisant plus que un avec le groupe. Monstrueux.
Là où l'album se montre moins brillant, c'est sur les morceaux proposés, principalement des mid tempos issus des deux Keeper (A Little Time, Dr Stein, Rise And Fall...) et si certains s'embellissent au contact de la scène, comme le surprenant We Got The Right qui voit son intro à la basse rallongée, on peut être déçu par l'absence de morceaux réellement speed comme Eagle Fly Free, Twilight Of The Gods ou Halloween, ne pouvant que se contenter du puissant How Many Tears, unique représentant d'un Walls Of Jericho fréquemment boudé sur les lives officiels du groupe. Quand on se rend compte des blancs encadrant Rise And Fall, on est en droit de se demander à côté de quoi on a bien pu passer, mais il y a de quoi avoir des regrets à l'écoute des titres présents, sublimés par l'exercice live.
On parle d'une hypothétique réédition de cet album devenu très rare, en version complète normalement. Pour l'instant, la version européenne (visuel présenté) est l'équivalent du St Graal ou presque pour tous ceux qui prennent le train de la Citrouille en marche. On peut trouver avec un peu plus de facilité la version japonaise,
Keepers Live, qui propose le même track listing, mais avec des artworks différents et surtout, un livret bien plus conséquent.