Issu du projet de deux étudiants, Falling
Down avait su remettre les réfractaires aux compilations à leur place en proposant trois CD tout bonnement impressionants. Au vu de l'accueil, on ne pouvait pas y échapper, le volume II arrive, sans avoir subi certains problèmes au demeurant.
Ainsi, toute la publicité faite autour de la tête principale de ce volume a été anéantie récemment. Le morceau de
The Dillinger Escape Plan, issu du prochain album, devait figurer dessus mais sera au final annulé par Season of mist au tout dernier moment. On ne reviendra pas sur ce désagrement qui rappelle combien le monde de la musique est aussi géré par l'argent plutôt que pour le public.
The Dillinger Escape Plan est au final remplacé par Kehlvin qui ne possède certes pas le même renom mais qui reste de grande qualité. Pour le reste, venons-en au fait: que propose ce II? A vrai dire, beaucoup de choses bonnes, beaucoup de choses moins bonnes comme on peut s'en douter à l'écoute d'une compil'. Car le problème avec ce genre de galettes, c'est que les goûts passent avant tout et que selon les personnes, elle apparaitra excellente ou mauvaise.
Deux CD au lieu de trois mais un artwork plutôt joli et abstrait avec un livret vraiment particulier constitué de citations de philosophes, essayistes...On sent l'attrait des concepteurs pour le message. Non content de vouloir faire passer leur idée de la musique, ils cherchent à faire découvrir leur mode de pensée. Deux CD donc, avec plusieurs têtes alléchantes:
The Ocean, Time to burn,
God is an astronaut, Kehlvin, Jucifer,
Mumakil et j'en passe. La première chose qui déçoit est justement cette absence de ténors même si cela reste encore une fois subjectif. Certains préféreront peut être en effet entendre
Amenra,
Dirge,
Pelican,
Rosetta ou encore
Celeste qui étaient présents sur la première compilation. Là où ce deuxième volet fait aussi très fort c'est dans la découverte. Car en deux CD, tout le monde trouvera forcément de la nouveauté et de la surprise, maître mot de Falling
Down.
Les groupes intéressants sont légion sur ce volet. Gnaw their tongues par exemple, et son titre très
Blut aus Nord période MoRT, Kalvria et son ambient nuancé et subtil, le side-project de
Amenra: Kingdom, Omega Massif, très lourd, très
Neurosis dans l'esprit, Ufommamut et leur Doom martien et j'en passe et des meilleurs.
Curieusement, là où le premier volet faisait l'éloge du Post à fond les ballons, le volume II cherche autre chose. Ainsi, au lieu de démarrer par un morceau puissant comme
Kylesa, Across Tundras ouvre le bal avec une sorte d'americana Rock que ne renierait pas Earth. De même, White hills flirte avec le bon Rock'n'roll des familles, bien garage et plus proche des 60's-70's que du XXIème siècle. Autant dire que le charme, que l'on aurait pu croire inopérant après un premier volume qui semblait avoir tout donné, opére à nouveau tant cette compilation regorge de trouvailles. Le volet I jouissait d'une cohérence et d'une homogénéité à toute épreuve, ce deuxième nous sert différents horizons sous nos yeux contemplatifs de réalités alternatives.
Au chapitre des déceptions, on regrettera principalement des groupes plus connus, qui figurent quasiment tous sur le CD2 d'ailleurs. Tesa fait du convenu, When Icarus falls aussi,
God is an astronaut, toujours magnifique, reste sommaire,
The Ocean nous sert des refrains au chant clair plutôt moyen et Impure Wilhelmina ne surprend guère. Reste que l'on ne regrette pas du tout
The Dillinger Escape Plan, tant le morceau de Kehlvin, reprise de Leonard Cohen, est magnifique ("Who by fire"). Time to burn joue du très bon également et
Mumakil reste lui-même avec son Grindcore bien agressif de derrière les fagots. Monachus encore, nous envoie du malsain bien Doom, Ocoai joue Heavy et efficace, Solaris, tout au long de ses 9 minutes, nous sert une sorte de
Cult of luna maîtrisé et un groupe comme U.S Christmas aurait pu tout envoyer ballader si le chant n'altérait pas le reste.
Falling
Down a réussi son pari. Non content de nous servir de la qualité et de la découverte par wagons entiers, le deuxième volet se permet de nous montrer une nouvelle facette de la scène underground et de nous surprendre à nouveau. Question de goût cependant, ce volume ne mettra d'accord que sur une chose: rien ne vaut de bonnes découvertes quel qu'en soit le prix. Encore une fois à posséder d'urgence.