Dur constat que de voir certains groupes possédant des idées les enterrer sous un amas de terre pour y planter un arbre aux fruits trop amers.
Ninety one, jeune groupe de Lyon, sort son premier essai intitulé Absolution, en ce mois de février. En premier lieu, on est surpris par la pochette, magnifique. On ne juge d'ordinaire pas un groupe à ça mais le fait est qu'on applique cette vision de l'esthétisme à toute chose, de façon à croire qu'une chose belle est forcément plus grande. Le problème ici, c'est que
Ninety one a trop joué de son image en dépit de sa musique.
Les quatre titres formant ce Absolution sont en effet tristement vides. Autant le dire tout de suite:
Ninety one fait les mauvais choix, joue les mauvais rôles. Tout d'abord, si le chant principal n'est pas mauvais, on ne peut pas en dire autant de l'espèce de cri qui vient s'ajouter en fond à la manière de
Psykup et qui est particulièrement ridicule, rappelant limite Donald Duck. Ensuite, la question n'est pas à l'exécution technique, qui est bonne, mais à la composition même. Et de ce point de vue là on ne peut rien faire, la sauce ne prend pas.
Exemple avec le morceau éponyme, qui s'enfonce dans le fade. Les riffs sont plats, la mélodie est sans âme, et la construction même est bien trop bancale. Le problème est que
Ninety one part certainement de bonnes bases, mais qu'il copie tous les mauvais côtés du Metalcore. Bien evidemment, il y a de bons côtés. D'une, le groupe cherche à varier l'intérieur même de ses morceaux, ensuite, il ne prône pas un régne absolu du riff "grosse corde à vide", cherchant parfois à faire respirer l'auditeur comme sur "(no more) Lost soul" qui se détache déjà bien plus du reste par sa lenteur et sa musicalité. Enfin, et même si cela est difficile à dire: on s'ennuie, et c'est peut-être là le pire.
Pourtant, il y a de l'idée! Le début de "Ninety one" par exemple, pourrait amener à un Crust bien efficace, à de l'asymétrie déjantée, le groupe pourrait foutre sur le cul s'il n'était pas obsédé par cette idée de puissance du riff "zéro prise de risque". Les refrains manquent de tout, ils sont sans éclat ("D Day") et la déception est totale au vu du potentiel. Un premier essai qui s'avère peu engageant, et dont le groupe se doit de tirer ses erreurs pour ne pas sombrer dans le magma des formations banales.