Alors que l'album Slave, paru en 1997, avait permis à
Secret Discovery de se faire un peu connaître en France, le groupe annonce son split deux années plus tard et propose cette compilation qui est aussi intéressante pour le néophyte que pour le fan ultime qui possède déjà toute la discographie, assez mince alors, de ces Allemands gothiques.
Une compilation. Le genre de produit qui sent le fric facile et qui en général ne sert pas à grand chose pour un fan qui ne sera d'ailleurs jamais d'accord avec la sélection de morceaux proposés. Mais pour
Secret Discovery, le groupe a proposé pas mal de matériel rare ou jamais exploité, des compositions destinées à un album qui n'aura jamais vu le jour (et qui s'annonçait dans la continuité du bon Slave) et d'autres ressorties des tiroirs et qui parviennent à tirer leur épingle du jeu pour certaines. Bref, pas moins de sept morceaux sur seize peuvent faire figure d'inédits, à moins de posséder le single ou la version spéciale qui en fait étalage à l'origine. Ce qui est sympathique pour le fan et qui permet de rendre le produit plus dense.
En revanche, ce qui est assez frappant, c'est l'homogénéité qui se dégage de ce
The Final Chapter. On pourrait presque croire, quand on ne connait disque du groupe, qu'il s'agit d'un album entier, tant on retrouve un style, une manière précise de composer tout au long de l'écoute, à de rares exceptions prêt. Une manière de riffer très sèche, une batterie qui s'inspire de quelques rythmes plus electro que metal, un clavier qui s'insère à l'ensemble en créant une ambiance sonore, un chanteur imposant, dont la technique est plus qu'appréciable... Mais on a presque l'impression que l'ensemble tourne un peu en rond.
Evidemment, il y a les quelques bonnes surprises, enfin, les titres qui sortent du lot de part une approche différente, à l'instar de
Colour My Life dont le travail sur l'écriture des couplets peut faire songer à du
Celtic Frost ou encore
Si Dangereux, chanté dans la langue de Molière alors que le groupe vient du pays de Goethe et que
Kai Hoffmann chante traditionnellement dans la langue de Shakespeare. Bref,
Si Dangereux qui se présente d'abord comme une espèce de douce ballade aux accents un peu folks avant de se durcir subitement. Se durcir, mais tout en conservant sa physionomie douce. On lui pardonnera son "je mourirai", l'effort étant appréciable.
Ensuite, bien sûr, les connaisseurs pourront toujours tergiverser sur la présence ou l'absence de tel ou tel titre, comme le vicelard
I Don't Care qui ouvrait avec brio l'album Slave deux ans plus tôt. Les néophytes, eux, pourront largement y trouver leur compte et guetter les différences stylistiques, assez minimes, pour influencer leurs recherches par la suite. Mais sinon, l'intérêt de la chose réside bel et bien dans sa set-list qui sort des sentiers battus.
Ce qui est frustrant avec un best of, une compilation ou un
greatest hits, c'est que l'on se retrouve toujours face à un choix subjectif de chansons. Et
The Final Chapter ne déroge pas à la règle, avec ces seize titres dont la plupart sortent du même moule. A son écoute, on prend du plaisir si on aime le metal gothique. Mais on comprend aisément pourquoi
Secret Discovery ne s'est jamais réellement imposé. Le split n'était pas franchement logique pour autant, et la reformation qui s'ensuivit quelques années plus tard n'est pas non plus réellement utile. Bref, un
testament avant une semi-résurrection et en définitive, un disque qui suffira largement à l'auditeur lambda.