Certains voyaient en
The Vision Bleak la réincarnation du défunt
Empyrium. Mais le premier album du duo allemand,
The Deathship Has A New Captain a vite dissout les prédictions hâtives.
The Vision Bleak était bien un nouveau groupe à part entière, avec son identité bien marquée. Et d’albums en albums, la personnalité du groupe s’est dessinée, affirmée, nous présentant à chaque fois des albums plus surprenants les uns que les autres.
Et attention, le successeur de
The Wolves Go Hunt Their Prey s’apprête à voir le jour début Avril, pour le plus grand bonheur des fans. Ce nouvel album,
Set Sail To Mystery, s’annonce dans la droite lignée des sombres chemins ouverts par le duo maléfique.
Après une introduction dont seul
The Vision Bleak a le secret, avec un chant parlé/murmuré/chanté à la Christopher Lee, le décor est posé !
L’univers si spécial des allemands reprend forme petit à petit autour de nous. Ainsi, on voit se dresser des châteaux inquiétant au sommet d’une colline, des pièces sombres éclairées par quelques bougies, bref. Vous l’aurez compris,
The Vision Bleak explore en profondeur les thèmes qui lui sont chers, empruntant une bonne dose de romantisme noir, et en lui appliquant cette petit touche de noblesse décadente. On entre ainsi dans une musique qui a pris ses lettres de noblesse 6 ans plus tôt avec le premier album, un style que l’on pourrait qualifier de Horror Metal Gothique, si l'on veut absolument poser une étiquette.
Cette fois-ci, le groupe a investit toute son attention pour soigner ses compositions, et surtout la grandiloquence de ses atmosphères fin de siècle. On sent une grande puissance dans les orchestrations, et cela augmente évidemment l’impact du rendu final. Aidé par quelques claviers, les ambiances sont retransmises avec brio ! Des guitares plus énergiques et sombres viennent accompagner des moments de folie qui ajoutent ce petit côté fantastique qui parsème le folklore de l’Europe de l’Est (Dracula, la Comtesse
Bathory, les loups-garous, etc.) On sent vraiment des atmosphères pesantes, glauques, mais en même temps des atmosphères qui sont une invitation à la décadence et à la luxure.
En somme, rien de réellement nouveau pour
The Vision Bleak, mais la musique est tout de même grandement maitrisée. On sent un savoir-faire très professionnel, et cela se ressent dans des morceaux comme A Romance With The
Grave qui allient schizophrénie démoniaque, puissance, calme et violence à la fois. L’univers des barons de la mort semble peut-être plus fou, tout simplement. Ce sentiment se retrouve dans bon nombre de titres, et les aspects démoniaques sont donc transcendés. Le travail autour du chant permet aussi de renforcer tous les aspects théâtraux et grandiloquents. En passant d’un chant clair maléfique parfois incantatoire, à un chant d’outre-tombe caverneux, Ulf Theodor Schwadorf (plus connu sous le nom de Markus Stock) nous fait vraiment décoller et nous plonge corps et âmes dans l’univers qu’il partage avec son équipier Allen B. Konstanz.
Avec ce nouvel album,
The Vision Bleak montre un concept encore plus abouti, plus travaillé. On regrette cependant le manque de surprise qui se dégage d’une telle œuvre. Les précédents opus comprenaient leur part de suspens, mais ce nouvel opus ne va pas plus loin dans ce sens, il se contente d’améliorer et sublimer son art sans prendre vraiment de risque. Mais après tout, quand la musique est bonne, qui s’en plaindra ?
Un chef d’œuvre de plus dans l’œuvre d’un groupe original !