Quand un groupe se fait repérer par le label Italien ATMF en étant encore au stade de démo, c’est en général bon signe… Si
Midnight Odyssey n’est pas encore très connu par nos contrées européennes, la sortie de sa précédente démo, Firmament, sous la forme d’un album devrait lui permettre de rayonner dans le cercle très fermé du Black Metal Ambiant.
Après une immersion totale dans le monde froid et enténébré de
Midnight Odyssey on en retiendra un voyage aux multiples saveurs.
Mené par des claviers très présents et une base Black Metal bien sentie, l’auditeur sera porté, vagabondant dans un monde à la fois onirique et proche du chaos. Un cri lointain, plaintif et écorché fait irruption de ce bas-monde pour nous entrainer dans sa chute. Ainsi, on pense par moments à un vieux
Burzum qui aurait ajouté quelques claviers éthérés, ou encore, on pense à des œuvres de
Janvs ou encore de Jääportit pour l’approche envoûtante et enivrante des sonorités diverses.
Au long de ces neuf quêtes illusoires, Dis Pater, unique maitre à bord de ce vaisseau de l’angoisse, nous présente un univers apocalyptique et dénué de tout espoir. On imagine avec aisance, mais en même temps avec trouble, un paysage lunaire froid, dévasté par la folie de l’humanité. Un paysage dans lequel il ne resterait plus que la voûte céleste étoilée à admirer. Un paysage entièrement nocturne qui ne verra plus jamais la lumière du jour…
En définitive, c’est un sentiment de terreur, voire d’oppression qui nous anime à chaque note qui surgit de cette musique glauque et suffocante.
Mais là ou
Midnight Odyssey arrive à se démarquer des autres groupes, c’est par sa capacité à aller au-delà de la simple musique en se lançant dans un travail d’interprétation des sentiments humains à travers une musique riche et variée tout en restant très intimiste et mystérieuse dans son approche.
L’auditeur appréciera l’acharnement à proposer des atmosphères très travaillées et qui ne font pas l’erreur de tomber dans les ambiances les plus kitsch du genre, mais en proposant vraiment un réel décor musical. Du désespéré
From Forest To Firmament au morbide
As Dark and Ominous as Stormclouds, en passant pas le très posé et inquiétant
A Host for Ghosts,
Midnight Odyssey explore toute une palette de sensations négatives, sans tomber dans le caricatural ou le DSBM.
Et c’est avec le très mélancolique et éthéré
From Beyond the 8th Sphere que se conclut ce premier opus, sur une touche calme et apaisante, et toujours avec cette petite dose de perfidie que l’on retrouve chez
Blut Aus Nord ou
DarkSpace.
Avec cette démo, on comprend aisément comment ATMF a vu espoir en ce groupe. Et la réédition de celle-ci sous forme de cd est une excellente initiative qui permettra au groupe de combler un public plus large.
Avec une production qui colle parfaitement à l’ambiance générale de l’album, des atmosphères pesantes mais variées,
Midnight Odyssey nous livre-là un disque émouvant, envoûtant et qui
incite au voyage. Se plonger dans ce disque ne vous laissera pas indifférent !