Dans le mystérieux monde du Black Metal, il y a des groupes qui ont choisi la voie de la violence exacerbée, la voie d’une expression musicale la plus crue qu’il soit. Et d’autres groupes ont préféré s’approprier cet art destructeur pour le rendre plus personnel et pour exploiter les côtés les plus obscurs de cette musique, et ainsi plonger l’auditeur au plus profond d’un monde maladif et sans retour.
Avec les groupes de talent qui pullulent sur le label Italien ATMF, c’est avec grande surprise que l’on découvre
An Autumn For Crippled Children et son tout premier album, Lost.
Lost. Un titre simple mais qui évoque tellement de négativité lorsque l’on prend le temps de se poser de comprendre toutes les connotations si fortes de ce simple mot ! Lost. Un nom qui convient parfaitement à ce premier essai de la part des Hollandais. Avant même d’avoir pris le temps de vivre le disque, la pochette et l’imagerie macabre du groupe fait inévitablement ressortir un sentiment d’oppression, de claustrophobie et de
suffocation.
Des fauteuils roulants, des enfants ensanglantés et inquiétants, des paysages dévastés ; voilà ce qui alimente le monde de ces hollandais qui nous servent-là une œuvre maladive et très très sombre.
Après une immersion dans Lost, on en ressort particulièrement différent. Cet album dévoile un univers stérile et maladif dans lequel s’entrecroise une multitude de sentiments forts comme la peur, la folie, la haine et la dépression. Tant de sentiments qui nous ramènent immanquablement à ce concept qui tourne autour de la sensation d’être perdu. Perdu dans ce monde déstabilisé et déstabilisant, perdu dans un monde qui n’est pas le notre, perdu dans nos propres sentiments.
Et tout au long de cet album suintant et glauque, ces impressions reviennent sans cesse, portées par un Black Metal froid et maladif. Des éléments lents et hypnotiques peuvent nous rappeler des éléments provenant plus directement du Doom expérimental. Ainsi, l’auditeur erre dans les limbes du monde personnel de
An Autumn For Crippled Children. Il erre, bercé par un Black Doom expérimental malsain et glauque qui n’est pas sans rappeler des groupes comme
Nachtmystium ou The Axis Of Perdition ou encore
Kathaaria.
Une dimension mystérieuse émane de cet album. Des passages très posés, voire occultes parsèment ce disque, et ils font directement appel à des arts comme le cinéma avec L’Orphelinat, ou encore le Miserere de J.C. Grangé dans lesquels les enfants sont vus avec un visage carrément malsain et inquiétants. Sauf qu’ici, c’est musicalement, et avec talent, que le groupe retranscrit ces thèmes terrifiants. L’aspect malsain et très palpable puisque omniprésent.
Avec ses riffs assommants, ses cris épars et ses atmosphères très pesantes,
An Autumn For Crippled Children pose le décor d’une œuvre vraiment sombre et inquiétante qui ne peut pas laisser indifférent. En sachant que ce Lost est le premier album de cette escadron mystérieux, il y a de quoi être soufflé ! Les musiciens ont clairement trouvés leur voie, le son est vraiment très bon puisqu’il contribue à cette impression de malaise constant.
Un premier jet qui respire déjà la maturité et qui est très prometteur !
A écouter le soir, à la lueur de quelques bougies pour faire ressortir le meilleur de la musique, dans des conditions adéquates !