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Chroniques :: Chronique de Eparistera Daimones

Chronique de Eparistera Daimones

Triptykon  - Eparistera Daimones (Album)

Après Celtic Frost... Triptykon !



Tom G. Warrior ne sera pas resté longtemps inactif. Après avoir quitté Celtic Frost après une tournée mondiale explosive, il se recentre sur un side project qui, par la force des choses, est devenu sa formation principale. Et il a l'élégance de ne pas récupérer le nom de Celtic Frost, vu le split qui a, logiquement, suivi son départ. Et avec Triptykon, plus que jamais, on se rend compte que l'ami Thomas Gabriel Fischer est une espèce d'âme. Le mot peut paraitre étrange, surtout quand on s'attarde aux paroles de ce Eparistera Daimones pour le moins dérangeant, mais sa présence est indéniable, tant nous naviguons sur ce qui aurait du être la suite logique du monolithique Monotheist, paru en 2006.

Et Warrior accumule les appels du pied pour ses fans. Le sticker accolé au blister entourant le CD en fait suffisamment étalage, mais rien que la pochette est un signe fort. On en peut pas dissocier le travail du sombrement génial HR Giger (mais si, souvenez-vous, la créature du film Alien, c'est son idée !) et la pochette de l'album To Mega Therion de Celtic Frost. Ils forment une espèce d'osmose, l'art graphique de cet artiste torturé collant à la perfection à l'univers glauque et malsain du Frost. Et ici, la toile s'appelle Vlad Tepes, soit l'Empaleur, alias Dracula pour les intimes. Une oeuvre froide et décérébrée où l'on devine les prémisses justement de la fameuse créature d'Alien.

En revanche, il ne faut pas franchement voir un retour aux sources par rapport au style ouvertement avant-gardiste que pratiquait Celtic Frost à cette époque là (et ce nom risque de ressortir encore souvent dans cette chronique qui décidément s'annonce fastidieuse !). Au contraire, on est, comme cela a déjà été dit auparavant, dans la droite lignée de Monotheist, en plus glauque si possible. Warrior voulait aller dans cette voie, à contrario du reste de l'équipe et cela avait motivé son départ. Il voulait de la noirceur, il voulait limite être choquant et il y arrive bien ici. Entouré d'une fine équipe, il n'invente rien. il n'a d'ailleurs plus rien à prouver, lui qui a fait de Celtic Frost un groupe culte de chez culte. Il reste donc dans le domaine d'un doom lancinant et étouffant, où la mélodie est très en retrait, pour laisser la force brute des instruments résonner froidement, tandis que sa voix, qui se fait de plus en plus écorchée, apporte un flot d'émotions drapées dans une cape faîte de chauves-souris qui n'attendent qu'un signal pour vous envelopper.

Eparistera Daimones est donc un disque de doom, malsain au possible. Lent, mais capable de parties plus enlevées, où la batterie sonne death, voire black metal, des rythmes rapides donc qui retombent subitement, parfois dans un effet direct, soit par une coupure sévère de quelques notes de piano (la fin de Myopic Empire par exemple, dérangeante dans la façon par laquelle c'est amené). Et sur le très long et fantasmagorique The Prolonging, c'est un violon qui vient sonner le glas, de la plus funèbre des façons. On notera également la présence de voix féminines. Cela n'a rien de surprenant, Celtic Frost le faisait déjà auparavant. ici, elles sont éthérées, fantomatiques et viennent apporter une dimension nouvelle à certaines composition, comme c'est le cas pour l'angoissant In Shrouds Devcayed, l'une des grandes réussite de cet opus. Et Warrior surprend son monde avec un titre terriblement intimiste, My Pain, où ce sont ses parties vocales qui se font fantomatiques alors que le chant féminin se taille la part du lion, tout en subtilité, pour le moment le plus émotionnel de l'album, placé juste avant la longue pièce finale qui prend alors des allures de rouleau compresseur.

Warrior n'a rien laissé au hasard, pas même le packaging de l'album, vraiment luxueux, qui est un solide argument de vente : un magnifique digibook richement illustré, et dont, clin d'oeil ultime à Celtic Frost, les paroles sont présentées de la même façon, avec un texte explicatif de la part du maître à penser. Ingénieux et peut-être pas très innocent, mais cela fait son petit effet pour les fans.

Peut-on accuser Triptykon de plagier Celtic Frost ? Ce serait tentant, mais on ne peut arriver qu'à une seule conclusion : Warrior est une espèce de génie musical, qui a de la suite dans les idées. Je parlais d'âme et de présence en début de chronique et je n'en démordrai pas : cet artiste a du talent et surtout, il sait la mettre en oeuvre. Peut-être pas très objectif comme raisonnement, mais l'écoute de ce Eparistera Daimones est tout simplement jouissive, pour peu que l'on aime le doom et que l'on ait accroché au Monotheist de Celtic Frost. On peut juste regretter que ce disque soit un peu moins fin, mais c'est chipoter. Il reste l'une des révélations de cette année et fera certainement beaucoup parler de lui ces prochains temps. Une grosse découverte !



Une chro en (8.5/10)
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Commentaires


Voir les 2 commentaires précédents
Pas ce que "tu" me disais Elric, pardon, je voulais écrire "ce que Pit me disait" sur cet album.
mar. 23 mars 10- 21:20  
J'ai écouté cet album récemment. Je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt. Je savais que ça serait énorme, mais ché pas, l'appréhension de me foutre dans un tel album.
En tout cas, bien joué au vieux Warrior et bonne chro' du vieux Elric ! ;)

ven. 24 sept. 10- 11:49  
Pour moi qui ne m'était jamais intéressé à Celtic Frost (je me suis rattrapé depuis), cela a été une vraie révélation : simple mais terriblement subtil, brut sans être brouillon et ce son, p*$*?§ !!! C'est pour ce qui me concerne, l'un des albums de l'année.
ven. 24 sept. 10- 12:58  


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