Un album live de plus pour
Blue Öyster Cult ! Décidément, le groupe est toujours plein de surprise et cet enregistrement, capté le jour du solstice d'été 2002 (21 juin pour ceux qui n'ont pas de calendrier sous la main) à Chicago dans l'Illinois cher à Barack Obama, est loin d'être évident à appréhender. Au premier abord, il peut même être fichtrement décevant car s'il sonne résolument rock'n'roll, il semble manquer singulièrement de patate par rapport aux autres.
Mais qu'est-ce que
Blue Öyster Cult en 2002 ? Un groupe légendaire qui était revenu sur le devant de la scène quatre ans plus tôt avec un
Heaven Forbid étonnant, entre rage heavy metal et hard rock plus sulfureux, un come back des plus inattendu dans la sphère rock en générale, Imaginos datant en effet de 1988. Puis il y a aussi eu un
Curse Of The Hidden Mirror plus posé, plus entier dans sa démarche que la confrontation forcée entre deux mondes comme a pu être perçu
Heaven Forbid. Et ce
A Long Day's Night (vu que c'est le solstice, le titre devient rapidement plus compréhensible) est une date comme une autre lors de sa tournée de soutien.
Mais difficile d'organiser une set-list qui tienne la route avec une telle discographie. Le public ne vient pas forcément pour entendre des pépites des derniers albums en date (et il y en a), mais il veut du classique, des morceaux qui a bercé sa jeunesse ou qu'il a découvert en piquant les skeuds de ses parents. Parce que le BÖC, en 2002, c'est deux générations qui se succèdent dans la salle, trente cinq ans de carrière (le groupe s'est formé en 1967) qui ont traversé le temps et les modes, captivant des kids à toute époque (plus trop maintenant, mais bon, c'est cyclique tout ça). Et il est vrai que dans ce cas, le groupe leur en donne pour leur argent.
Mais on se souvient des On Your Feet Or On Your Knees, des Some Enchanted Evening et des autres
Extraterrestrial Live et on ne retrouve pas ces ambiances de feu, ces guitares plombées,
Eric Bloom n'est plus le grand prêtre indiscutable qu'il a été et... on reste forcément sur sa fin. Difficile de ne pas penser avec nostalgie à d'autres versions de
Cities Of Flame quand on se retrouve face à celle-ci, très rock'n'roll, mais manquant peut-être d'arrogance, de mordant... L'interprétation est bonne, mais voilà... On est également déçu quand on se retrouve face à
Astronomy, chef d'oeuvre intemporel, où la mélodie vocale est à oublier. On dira forcément que les morceaux post 1998 n'ont rien à faire là. Ce n'est pas tout à fait faux. Mais c'est être un sacré connard quand même.
En 2002, les trois derniers membres d'origine du groupe,
Eric Bloom,
Donald "Buck Dharma" Roeser et
Allen Lanier deviennent de vieux messieurs. Bloom par exemple est à deux années de son soixantième anniversaire. Et à cet âge là, on envoit plus la sauce comme à vingt, trente, voire même quarante ans. La voix n'est plus la même. Et une mélodie aussi difficile que celle de
Astronomy devient de plus en plus difficile à interpréter. Mais c'est un morceau phare et il doit être joué. Merci au groupe pour son honnêteté, il n'a pas été overdubé pour lui donner tout son
lustre. On peut également applaudir le courage des musiciens qui ont écarté une pléiade de classiques au bénéfice de compos plus rares, mais qui prennent une ampleur particulière en live, comme ce
Stairway To The Stars qui brille d'entrée de jeu, ou ce
Lips In The Hills, rescapé de
Cultösaurus Erectus en lieu et place du traditionnel
Black Blade. Une set list étonnante donc, mais qui a l'aval d'un public complètement acquis à la cause d'un des groupes les plus imaginatif de la scène metal.
Dans le fond, il est difficile d'être réellement déçu par ce disque. Il faut juste savoir apprécier le Blue Öyster plus rock'n'roll sur scène, celui qui ne transcende pas ses titres en leur donnant une couleur heavy metal clairement prononcée. Le groupe a vieilli et e définitive, il a bien vieillit. Il s'adapte à son âge et rien que pour le plaisir d'un concert complet,
A Long Day's Night est un disque recommandable pour le néophyte et pour le fan. Mais il s'agit peut-être de leur album live le plus faible jusque là. Mais à presque 60 ans, on leur pardonne.