The Last Blue Bird présentait un groupe qui se jouait des normes, un groupe qui ne voulait se fixer aucune limite dans l’expression de son art. Ce groupe :
Eclectika ! Un talentueux groupe de la scène dijonnaise qui ne jouit malheureusement pas d’une reconnaissance nationale à la hauteur de son talent pour le moment.
Il est vrai que la musique des dijonnais n’est pas la plus accessible qui soit et , il est vrai aussi qu’un groupe local a souvent du mal à se faire connaître à travers la France lorsqu’il sort son premier album, mais
Eclectika est de retour avec un nouvel opus,
Dazzling Dawn !
Un album qui corrige les petites erreurs qui pouvaient apparaître sur le précédent disque.
Dazzling Dawn affirme son côté avant-gardiste qui le rend inclassable.
En puisant dans une musique extrême comme le Black Metal, des influences plus ‘classieuses’ comme le Gothique,
Eclectika nous présente ainsi une musique personnelle et intéressante.
Certains passages plus atmosphériques viennent se greffer par-ci par-là pour apporter de la diversité à l’ensemble et cela rend la musique plus riche, plus variée.
Et si les chants de type La Belle et la Bête, qui étaient légion il y a encore 4 ou 5 ans, sont un peu dépassés,
Eclectika arrive à alterner les chants lyriques féminins avec les chants Black masculins avec une aisance qui s’éloigne des clichés du genre. Au niveau des guitares, on retrouve ce même schéma qui alterne avec une distorsion bien présente et des guitares plus épurées, donnant une touche romantique à l’ensemble. On pense au sublime Les Démons Obsédants du Regret qui dévoile une autre facette de
Eclectika.
Très vite, on comprendra que les Dijonnais se fichent de suivre les sentiers battus et ils jouent la musique qui leur plait en lui conférant une touche bien personnelle. On sent que le groupe est en train de trouver sa voie, avec des expérimentations qui s’affirment. Le précédent disque n’était peut-être pas assez affirmé justement, et les multiples influences avaient sans doute un peu plus de mal à se trouver une place cohérente dans l’ensemble musical d’
Eclectika. Ici, on sent un groupe bien plus mûr, notamment au niveau de la prod aussi qui sait être brut quand il faut, et plus soignée à d’autres moments. Et si le style est un peu progressif sur certains passages et qu’on a parfois du mal à voir où le groupe veut en venir, (en particulier avec l’alternance des chants, l’alternance de tempos, etc.) on arrive tout de même à sentir le fil conducteur de chaque compo.
Une importance non négligeable est donnée aux ambiances, comme Expérience 835 par exemple, qui présente une dimension encore inconnue du groupe. Des influences également issues du classique font aussi irruption, en bref,
Eclectika intègre à sa musique tout ce qui constitue son univers si particulier. Il est agréable se sentir un réel travail de la part des musiciens, une réelle recherche dans les compos. On sent un groupe inspiré qui veut en dire beaucoup, parfois trop, et c’est même ce qui fait le charme de la musique expérimentale.
Avec
Dazzling Dawn,
Eclectika s’impose comme un groupe important de la scène bourguignonne. Espérons juste que la distribution leur permettra de rayonner sur l’hexagone pour divulguer cet art personnel. Car sans être des plus transcendants, le groupe est très talentueux, et passer à côté serait une erreur.