Des groupes grecs par chez nous, ils n'en courent pas les rues. Mis à part les poids lourds reconnus que sont les
Septic Flesh et autres
Rotting Christ, une scène florissante sévit dans un underground metallique pour le moins intéressant. Parmi eux,
Scar of the Sun. Pratiquant un savant mélange de Gothique, Doom et éléments issus de la scène Death-Mélodique nord européenne, le quintet d'Athènes débarque avec un premier album inspiré,
A Series of Unfortunate Concurrencies, qui devrait sortir dans l'année lorsque le groupe aura trouver son label.
Tenez-vous prêts, la relève hellénique arrive à grand pas!
L'écoute de cet opus démontre deux choses. La première:
Scar of the Sun a visiblement bouffé du
Paradise Lost et du Death-Mélodique dans sa jeunesse, ce qui laisse place à une musique particulièrement prenante, efficace et accrocheuse. La seconde: les grecs ont su s'entourer d'une fine équipe pour réaliser ce premier album: Rhys Fulber (
Fear Factory,
Paradise Lost,
Machine Head...) et Greg Reely (Coldplay,
Theatre of Tragedy...) aux manettes, ainsi qu'une flopée de guests prestigieux dont Mikael Stanne (
Dark Tranquillity) sur le bon "Ode to a Failure", Chris Antoniou (
Septic Flesh), Marios Iliopoulos (
Nightrage)...
Pour démarrer, "Disposable" lance
A Series of Unfortunate Concurrencies de la plus belle des manières. Alliant éléments gothiques rappelant les travaux de
Paradise Lost à des claviers inspirés proches de la scène Death-Mélodique suédoise, ce morceau est résolument sombre et entraînant, plantant ainsi la trame de cet opus.
Car sous cette cape particulièrement touchante se cache l'âme de la musique de
Scar of the Sun, il n'y a qu'à écouter "Swansong of Senses" ou l'excellent "Gravity" pour s'en rendre compte.
Ici, la horde hellénique propose un paquet de riffs inspirés et de refrains accrocheurs ("Burn the Memory", "Ode to a Failure" ou encore "I Lost"), noyés dans des ambiances subtiles et sincères ("A Series of Unfortunate Concurrencies") qui prennent un impact autrement plus intéressant grâce à l'utilisation de claviers mélodiques parfaitement intégrés et plutôt réussis ("A Pause in the Disaster"...).
Bien sûr, la patte Chris Antoniou est reconnaissable entre mille sur "Gravity", mais cette collaboration s'avère vraiment fructueuse...
Ce qui fait la force d'un album comme
A Series of Unfortunate Concurrencies, c'est sa capacité à proposer une musique facilement identifiable à ses influences, mais non moins originale et personnelle. Le mélange d'un Gothique-Doom à un Death Mélodique est particulièrement inspiré et vivifiant, surtout que les musiciens savent y faire... Même si
Scar of the Sun n'en est encore qu'à ses premiers balbutiements, force est de constater que chacun de ses membres maîtrise plutôt bien son sujet et parvient à hisser la musique du groupe vers le haut.
Une basse groovy et bien mise en valeur ("Burn the Memory", "A Series of Unfortunate Concurrencies"...) souligne une batterie précise, formant ainsi une structure rythmique intéressante. Les guitares et clavier tissent un jeu inspiré des grands noms du Death-Mélodique scandinave ("Disciple of the Sun"...), pendant que le chant rappelle celui de Nick Holmes (
Paradise Lost). Une recette simple mais efficace.
D'autant que cet album bénéficie d'un gros son, puissant sans en faire des tonnes. Bref, une production conforme aux standards actuels, qui a le mérite d'apporter un véritable plus à
A Series of Unfortunate Concurrencies.
Pour un premier album,
Scar of the Sun rentre de plein pied dans le grand bain, n'hésitant pas à mettre en avant ses influences diverses pour créer une musique finalement propre et personnelle.
A Series of Unfortunate Concurrencies est un opus qui s'inscrit parfaitement dans l'air du temps, à la fois sombre, mélodique et surtout accrocheur, et qui risque bien de faire du bruit à l'avenir...
Scar of the Sun épate l'auditeur avec son premier effort, et entend bien conquérir son auditoire une fois
A Series of Unfortunate Concurrencies disponible.
Un très bon début en somme, qui risque bien de créer une véritable attente cette année...