Des one-man band français, il y en a peu. Mais quand on fouille un peu, on peut tout de même en trouver. La preuve avec
Dead Crown. Cette entité, menée de main de maître par l'unique membre Fausto depuis sa création en 2009, évolue dans un Black-Metal Ambiant et Épique, rappelant fortement les travaux des
Summoning et autres
Burzum, sans en être forcément une pâle copie.
Le capitaine de ce vaisseau abyssal n'a pas attendu bien longtemps avant de proposer sa première démo
Dead Crown, en décembre 2009, réunissant cinq pièces épiques, sombres et mélodiques.
Si je parlais précédemment des influences de notre cher Fausto, c'est avant tout parce qu'elles sont aisément identifiables. Dès le premier coup d'œil, on sent bien que
Dead Crown s'autorise une certaine affiliation avec les légendaires
Summoning. Un simple paysage forestiers, digne des plus belles images de Tolkien, plante un décor fidèle au contenu. Les atmosphères seront présentes, c'est certain.
Pour ce qui est d'incorporer un aspect épique, il faut bien reconnaître que
Dead Crown y parvient facilement. Débutant sur un "Lord of Chaos" aux sons d'un chant de bataille, cette démo plonge l'auditeur dans une ambiance à la fois aérienne et sombre. Les cinq compositions de ce
Dead Crown dévoilent un minimalisme assumé, parfaitement mis en scène par des claviers proéminents et une batterie lointaine, résonnante et paradoxalement plutôt puissante.
L'impact des morceaux comme "La Marche des Ombres", "Dead Man Hand" ou "Eternity" est tel que
Dead Crown parvient à faire voyager l'auditeur, justement à la manière d'un
Summoning inspiré. Le tout est cependant plus sombre que les autrichiens, ce qui confère à cette démo une approche bien plus noire du style.
Bien que la musique de
Dead Crown peut sembler répétitive de prime abord, Fausto ose varier la construction de sa musique sur "Ad Vitam Aeternam", qui se révèle être LA pièce ultime de cette démo. En effet, ce morceau exploite des mélodies enchanteresses et des vocaux sombres et profonds qui auront tôt fait de planter un décor épique à la Tolkien. Un résultat édifiant, vraiment, qui aurait mérité d'être plus poussé sur l'ensemble de la démo.
La suite de
Dead Crown laisse libre cours aux pérégrinations musicales de son auteur: "La Marche des Ombres" avec ses guitares grésillantes, ses chœurs profonds et sa sombre atmosphère, "Dead Man Hand", très proche de
Summoning avec sa batterie lente et son chant caractéristique, et "Eternity", probablement la pièce la plus ambiante de
Dead Crown, qui s'affilie aux travaux de
Nortt et même
Vinterriket par son atmosphère cristalline.
La production de cette démo, également réalisée par Fausto en véritable maître à penser du projet, semble très minimaliste, même si elle met un point d'honneur à favoriser les claviers. Le résultat colle parfaitement aux attentes du style pour appuyer ce côté atmosphérique qui ressort tant des compositions de
Dead Crown.
Au final, une première démo intéressante, qui lance
Dead Crown dans le bain du Black underground français. Bien que très proche des ses influences, Fausto insuffle à cette démo une aura particulièrement sombre et planante, à l'image de l'excellent "Ad Vitam Aeternam". L'auditeur sera ainsi facilement transporté dans les immenses plaines bordées de forêts enneigées qui imagent la musique de
Dead Crown.
Un bon début donc, espérons seulement qu'à l'avenir
Dead Crown saura s'éloigner de ses influences.