Fallen Joy est un très jeune groupe, qui vient de la région parisienne, Joinville Le Pont pour être exact. Le style affiché est défini comme étant de l'"Epic Metal". Lors de l'épreuve obligée du premier enregistrement, que penser de ce
Fallen Joy ?
Tout d'abord, qu'ils possèdent un certain sens de la mise en scène. La première piste d'Order To Die est un instrumental. Cloches, orchestre...On est pas dans la demie mesure. La production est propre, tout comme l'objet, avec un visuel apocalyptique, laissant à peine percer quelques lueurs d'espoir.
La deuxième chanson, Order To Die, confirme tout cela, mais prouve également que les Parisiens de
Fallen Joy ne se sont pas trompés en décidant de faire de l'Epic Metal. Rien de bien symphonique, mais une guitare très lyrique, omniprésente. Le solo, soutenue par une batterie martiale, ne cherche pas le shred mais plus la mélodie, la puissance. La technique est là, mais plus pour servir le discours musical que l'inverse. La voix est assez agressive, mais sans être en décalage avec le reste. Il s'agit plus d'un grunt blackisant, assez grave. La mayonnaise prend bien, réveille les esgourdes, est facile à retenir.
Hoisting The Black Flag, portée par une guitare entêtante oscillant entre un thème speed pour le couplet et quelques envolées pour un refrain, apparaît plus rapide, mais pas moins catchy pour autant. Une petite cavalcade, où on entend (enfin !) la basse amène le thème du break, thème repris par les deux guitares. Bien dit, bien fait. Mais le retour du couplet en fin de chanson nuit à l'avancée des thèmes et des riffs, très "prog" jusque là, et semble diminuer l'intensité de la chanson.
De prog, sinon, il n'en est pas vraiment question. Plus de melodeath (enfin, sauf pour la voix qui, comme écrit précédemment, n'est pas dans le registre death). Seeds Of Tyranny le montre bien. Une petite intro en tapping qui fait du bien, une batterie violente, boum badaboum: c'est parti pour la cavalcade. On a plus l'impression d'une alternance thèmes mélodiques/riffs headbanguants, qui, ma foi, n'est pas désagréable. Des breaks directs pour bouger les cervicales, un refrain mélodique pour dégouter les guitariste débutants... La chanson est bien construite, contrairement à Hoisting The Black Flag, l'idée d'une progression transparaît plus, et la fin, avec un riff en double croche et un final, se laisse apprécier.
Nous voilà finalement à la dernière chanson, Voyage Au Bout de La Nuit. Plus sombre que les précédentes, moins rapide, le côté black des vocaux est indéniablement là. Les guitares sont plus en retrait sur cette chanson, laissant la part belle à la voix. Tout semble plus dissonant, pour coller avec l'esprit de la chanson, et amener sur une deuxième partie tout en vélocité, comme semble l'apprécier le combo.
Fallen Joy a donc produit un enregistrement très accessible. Pas de secret alambiqués, mais pas mal de technique, une maîtrise certaine de la mélodie et une alchimie qui marche, finalement. Inutile d'aller chercher bien loin pour faire de la musique qui marche.