A l'heure où sort "Uit Oude Grond", troisième album du combo, Heidevolk a encore tout à faire. Il y a un an, ce nom ne parlait qu'à une minorité de spécialistes et autres fondus de folk metal qui misaient déjà gros sur les Néerlandais. Il faut dire que les premiers enregistrements du groupe étaient plus que convaincants, et déjà Heidevolk s'était démarqué de la scène par des sonorités atypiques très séduisantes. Aujourd'hui la sortie de ce nouvel album est accompagnée d'une solide campagne de promotion, destinée à propulser enfin Heidevolk sur le devant d'une scène en pleine ébullition ...
Portés par le succès grandissant de leurs ainés scandinaves, et notamment d'artistes comme
Falkenbach ou
Tyr, qui s'imposent comme des influences majeures, les six néerlandais auront su – dès leurs débuts – se construire une identité et un son reconnaissables entre tous. Le combo propose un folk metal minimaliste et sans détour dans lequel les deux vocalistes barytons mènent la danse, suivis de près par flûtes et violons. Et c'est justement sur les harmonies très travaillées qui unissent les deux lignes chantées que tout se joue, conférant à la musique ses sonorités uniques et authentiques.
Et si les arrangements vocaux sont toujours d'aussi bonne qualité, on déplorera des lacunes importantes du coté des guitares. Celles-ci, en plus de n'avoir strictement aucun intérêt - ni sur le plan rythmique, ni sur le plan mélodique – sont extrêmement maladroites dans leur composition. On aura rarement vu riffs plus insipides, phrasés mélodiques plus grossiers. Avec le mini-solo de Reusemnacht on croit avoir touché le fond, tant l'amateurisme poussé à l'extrême des phrasés mélodiques en devient indécent. Mais non, Heidevolk remet ça trois minutes plus tard - au grand désarrois de nos organes auditifs. Bref, quand on est un musicien médiocre, on a au moins la décence d'épargner à ses auditeurs la démonstration de ses lacunes techniques (on le sait, certains guitaristes font très bien avec).
Comme nous l'avons vu, l'intérêt mettalistique de "Uit Oude Grond" est proche de zéro. Quand est-il des arrangements traditionnels qui faisaient autrefois le charme du groupe ? Eux aussi, mieux vaut les oublier. Car apparemment Heidevolk et ses musiciens de pacotilles ne sont pas capables de nous pondre mieux que des mélodies en cartons et des orchestrations pseudo-folkloriques bidons, ce qu'illustre très bien la majestueuse "Alvermans wraak" - où la définition parfaite du folk très bas de gamme pour ados boutonneux. Loin des arrangements pour claviers magistraux de
Moonsorrow ou des ritournelles enivrantes de
Korpiklaani, Heidevolk se contente de nous déverser une musique redondante et très peu inspirée, pour un rendu final très vite lassant car trop linéaire.
Il arrive un moment où l'on est bien obligé de constater que les musiciens d'Heidevolk n'ont manifestement aucun talent, et qu'ils feraient mieux de se reconvertir à la couture pour éviter le massacre. Car loin de combler nos attentes, "Uit Oudee Grond" est un album d'une surprenante médiocrité. La musique du combo - déjà pas très riche à l'époque, mais très séduisante par ses sonorités atypiques – s'est malheureusement beaucoup appauvri, à tous les niveaux. Bref, Heidevolk, un groupe qui n'a plus rien pour lui, et qu'il vaut mieux oublier. Quoi qu'il en soit, le maigre succès qu'a reçu l'album est à l'image de son contenu – justice est faite !