Se faisant connaître en 2004 avec son single «
Het Gelders Volkslied »,
Heidevolk fait en quelque sorte partie de la seconde vague de Folk metal des années 2000, c'est à dire celle qui vit l'expension du genre à toute l'Europe, avec des formations telles qu'
Eluveitie (Suisse) ou
Equilibrium (Allemagne). Les Pays-Bas ne sont donc pas en reste avec ce jeune combo qui propose enfin des sonorités nouvelles, agréable constatation qui semble résulter des ressources encore inexplorées que présente le genre ; et qui tranche enfin avec le nombre croissant de formations oportunistes se reposant uniquement sur le succès des ainés. Retour sur une oeuvre qui vaut certainement le détour ...
On pensera tout de suite à des groupes tels que
Falkenbach ou
Forefather, en effet
Heidevolk propose un Folk metal épique, relativement posé et à tendances mélancoliques, Mené par des guitares minimalistes mais efficaces, «
De Strijdlust Is Geboren » n'est manifestement pas fait pour les ennervés : les rythmiques sont lentes, les parties chantées méditatives et shamaniques et rare sont les passages où la colère prend le pas sur la transe folklorique. En réalité l'album trouve tout son intérêt dans le travail des sonorités traditionnelles et des mélodies atypiques pronfondément empreintes de folklore local.
Frappante de sincérité lors de ses chants nostalgiques, la musique de
Heidevolk marque par la naïveté de ses mélodies, une naïveté séduisante qui se retrouve souvent dans la musique taditionnelle. Car ces influences ancestrales sont clairement audibles, et confèrent à la musique une ambiance dépaysante des plus réussies. Cette attachement à la musique populaire des Pays-Bas est d'ailleurs très bien illustré par la reprise de la chanson «
Het Gelders Volkslied » qui se révèle être l'hymne non-officiel de la province allemande du pays, et il faut dire que l'arrangement est plutôt réussi. Vous l'aurez compris, les titres de qualité de manquent pas : on retiendra entre autres les excellents « Furor Teutonicus », «
Het Gelders Volkslied » et « En Wij Stappen Stevig Voort ».
Mais voilà, la qualité n'est pas garantie tout au long de l'album et certains titres ne sont vraiment pas transcendants, sans toutefois tomber dans la médiocrité. Et si globalement «
De Strijdlust Is Geboren » passe bien, on sera tout de même géné par quelques maladresses de la part des musiciens – notamment au niveau du chant clair masculin, certes empreint d'une mélancolie porteuse mais pas toujours au point. Ce sont donc ces maladresses récurentes et le manque de titres vraiment percutants qui empèchent l'album d'être vraiment excellent. Mais la force identitaire des choeurs tribaux et l'efficacité mélodique des parties instrumentales prendra vite le dessus et garantira une écoute agréable.
Quoi qu'il en soit c'est d'un potentiel vraiment prometteur que font preuves les Hollandais avec ce premier album qui, sans révolutionner le genre, possède un contenu plutôt atypique et très dépaysant. La présence de flûte vient renforcer cette ambiance traditionnelle si profondément marquée par l'héritage culturel des pays du nord, héritage patrimonial que l'on sait cher aux néo-païens ... Et l'album chanté intégralement en voix claire ne manquera pas à vous faire penser aux anglais de
Forefather. Finalement «
De Strijdlust Is Geboren » est un premier opus qui malgré quelques défauts aura su se démarquer sonoriquement de la scène Folk metal. On fonde beaucoup d'espoir sur
Heidevolk.