Les évolutions successives, s’ajoutant les unes aux autres, finissent par être suffisamment importantes pour conduire l’homme, donc l’artiste, et donc son art, vers d’autres terres aux horizons irisés de couleurs, certes, pas totalement nouvelles, mais suffisamment intrigantes pour que son esprit créatifs, talent aidant, en use dans l’ébauche, de toile d’une grâce rare.
Il y a assurément du discernement et de la subtilité chez ces allemands de
Orden Ogan, et dans cette œuvre. Tant, que le plaisir point immédiatement, et que l'auditeur jubile à en ressentir les parfums raffinés, et fantomatiques, aussi intelligemment utilisés et retranscris, en des envolées dignes des aspirations grandiloquentes les plus influencés par
Blind Guardian, notamment dans l’aspect mélodico-symphonique des refrains d’un premier titre très convaincant, Nobody Leaves, succédant à un préambule instrumental, Rise and Ruin d’une rare beauté. Unie aussi à cette énergie furieusement véloce, d’habitude plus symptomatique d’autres styles plus extrêmes, dont
Dragonforce usa, dans un étalage technique, selon votre humble serviteur, bien trop stérile, ce premier morceau, est tout simplement remarquable. Cette grandeur prometteuse sublime littéralement les premières esquisses de cette œuvre exquise, et aiguise les émois ardents d’une saine curiosité excitante. En effet, rarement, entre les entêtements imbéciles de certains à se complaire dans une expression,
ad vitam aeternam, sans évolution, et ceux d’autres égarés dans les méandres de bouleversements d’un changement tel, que nul ne peut, décemment, y reconnaitre une identité qui fut la leur autrefois ; le Power Metal aux parfums symphonique, mais aussi légèrement prog, ne fut aussi enthousiasmant que celui d’
Orden Ogan.
Evoquer l’aspect symphonique de ce Easton Hope, n’est assurément pas anodin, car si ces embellissements demeurent très présents, ils sont composés de manière suffisamment habiles pour ne pas alourdir une œuvre d’une dimension pompeuse inutile. A contrario de nombres de ces camarades qui privilégient une apparence orchestral encombrante, et vaine,
Orden Ogan démontre une finesse rare pour construire des titres plus recherché. Cette volonté d’un équilibre captivant s’exprime parfaitement sur des morceaux tels que l’excellent Easton Hope.
Continuellement animé par la volonté d’une perpétuelle recherche d’identité forte, en dehors de ces orchestrations très réussies, de ces refrains superbes,
Orden Ogan parsème, ça et là, son propos de divers touches plus ambitieuses, tels que, notamment, quelques riffs plus tourmentés et lourds, quelques jolis breaks aux guitares sèches, quelques nappes de claviers plus sombres, quelques ambiances aux relents d’une musique folk festive, quelques rythmes et guitares aux desseins succinctement thrashy. Si cette démarche est, certes, relativement caractéristique d’un Power Metal mélodico-symphonico-progressif, le résultat obtenus par les allemands est étonnamment plus aboutis que celui de nombres de ces petits camarades sans doute moins habiles.
Pas de révolution à l’orée de cet Easton Hope, mais une superbe évolution nous permettant de nous éveiller sur de nouveaux horizons aux cieux lumineux, clairs, beaux. Et pour ceux qui, sous cette voute, n’entendraient pas, objectivement, le chant triomphal délicieux des anges mais celui des diablotins entonnant la complainte de l’ennui ; ils devraient, sans tarder, s’interroger sur leur impartialité à défendre leurs propres gouts plutôt que des œuvres aussi remarquables.