Peut-être que le nom de
Sarah Jezebel Deva est inconnu pour certains, mais si on leur dit que derrière, se cache la chanteuse de
Cradle Of Filth, tout de suite, cet album de Metal symphonique va prendre une tournure légèrement différente… Et quoi qu’en disent les anti-Cradle, cette chanteuse est très talentueuse, ce qui lui a valu d’être invitée à partager le travail de pointures du genre comme
Therion, Mortiis, Covenant, ou encore
The Gathering (rien que ça !).
Mais la jeune femme a eu envie de monter son projet solo pour laisser exploser sa voix dans des univers encore inexplorés. Ainsi en 2001, on voit se former le groupe
Angtoria, un projet plus personnel dans lequel participera également Dave Pybus (ou Herr Pubis), bassiste de
Cradle Of Filth.
Mais dans le but d’explorer encore de nouveaux horizons, c’est cette fois sous un nouveau projet solo portant son propre nom que
Sarah Jezebel Deva nous fait part de
A Sign Of Sublime, un album très attendu par les fans de la vocaliste gothique.
Même si le Metal symphonique aux relents gothiques commence à être légèrement en perte de vitesse suite à l’abondance de groupes sans talent qui n’ont fait que reproduire du
Nightwish ou
Within Temptation, voire
Sirenia, l’album n’en est pas pour autan inintéressant.
Dès l’ouverture de l’album, on sent la déception monter en entendant une intro digne de
Cradle Of Filth, et soudain, on a peur que Sarah n’ait fait que repomper sur ses collègues. Mais très vite, on sentira un monde bien différent de ses compères, et différent aussi de ce que proposait
Angtoria.
L’album a certes des ambiances très gothiques, presque vampiriques (rien de bien original à cela me direz-vous) mais on sent une touche vraiment personnelle même si on peut retrouver par-ci par-là des petits bouts de Cradle (The Called Her Lady Tyranny) voire des instrus proches de
Therion. Mais Sarah se les approprie pour mieux les intégrer à son monde, sombre et décadent.
Et ces influences Cradlesques sont inévitablement au rendez-vous par la présence, une fois de plus, de Dave Pybus derrière la quatre cordes, mais aussi Martin Powell, lui aussi dans
Cradle Of Filth (et
My Dying Bride,
Anathema) au clavier.
Dans l’ensemble, l’album se tient, les compos sont assez homogènes, Your Woeful Chair ou
A Sign Of Sublime sont des morceaux qui se hisserons sans doute hors du lot, avec peut-être The Devils Opera qui présente un Metal Symphonique grandiloquent et théâtral de haute volée. Il n’aurait pas fait tache sur la B.O. d’un film de vampires par exemple.
Tout au long de l’album, on sent que le travail tourne beaucoup autour de la mise en scène des ambiances orchestrales et du chant. Les guitares, basse, batterie ne sont là que pour ajouter ce côté bien Metal chère à notre diva, et elles font bien leur boulot en puisant dans le côté extrême du Metal, tout en atténuant les côtés trop agressifs.
Le nouveau projet de
Sarah Jezebel Deva n’est donc pas un
Cradle Of Filth sans Dani, mais bel et bien un projet personnel dans lequel la diva puise ses influences dans le monde Gothique décadent légèrement baroque de la musique extrême.
Ce premier album sous son propre nom permettra sans doute à Sarah de se faire remarquer autrement qu’en tant que « la chanteuse de
Cradle Of Filth ».
L’album est bon, agréable à écouter, mais il ne bouleversera pas vraiment le monde du Metal Gothique. Un album à recommander tout de même, mais pas un incontournable.