Tiamat est une formation suédoise au style assez atypique. Résolument orientés vers le death-metal sur leurs premières sorties, les voici évoluant dans des sonorités plus personnelles, mouvance difficilement définissable qui allie nombreuses influences.
Wildhoney est à sa sortie en 1994 le quatrième album de la bande de Johan Edlund, et peut-être clairement définit comme sonnant la renaissance d'une formation qui s'écarte volontairement du marasme death à la suédoise des années 1990. Oui, Wildhoney représente la liberté retrouvée de ces musiciens, qui osent s'affranchir de quelconques lois musicales pour pondre un album vraiment personnel...
Musicalement, Wildhoney est un bon mélange d'atmosphères étranges couplées à des morceaux mid-tempo saupoudrés de légers petits éléments death, caractérisés ici par les grognements de Sieur Edlund.
Tiamat redéfinit son style d'origine, poussant au loin les barrières du conformisme pour créer une musique qui sera plus tard marquée de la patte "Tiamat". L'album débute par une intro éponyme, qui laisse entrevoir le côté faussement inquiétant des suédois. L'objectif de donner le ton à l'auditeur est alors rempli. Et voici "Whatever That Hurts", avec ses guitares épaisses mais bizarrement si fines... Un tel paradoxe se retrouve également tout au long de l'opus. La voix de Edlund est tantôt death, tantôt claire, et les compos baignent dans des ambiances que ne renierait pas un certain Pink Floyd...
Voilà, c'est comme cela que l'on peut définir le virage musical entrepris par ces suédois: la rencontre du Metal avec Pink Floyd. Flagrant sur "The Ar" et "Do You Dream Of Me?", cette petite touche s'avère être originale et finalement assez plaisante. Wildhoney, c'est aussi la suite très réussie de "Gaïa" et "Visionnaire", deux titres qui s'enchaînent à la perfection. Ici se trouve le coeur de cet opus, puisque ces deux morceaux retranscrivent à merveille la volonté de s'affranchir des codes d'un quelconque style, dans l'unique but de retranscrire le plus fidèlement possible la vision musicale de
Tiamat. Et c'est réussi!
La suite de l'album annonce une fin imminente, grâce à des morceaux dits ambiants, tout à l'instrumental, mais malheureusement sans grand intérêt... Et oui, Wildhoney n'est pas un album facile d'accès.
En effet, sa complexité dans ses structures, son manque de dynamisme sur certains passages, voire même ses longueurs (surtout en fin d'album) peuvent dérouter plus d'un auditeur.
Tiamat ne sort pas ici son album le plus violent, loin de là, et peine encore à accrocher l'oreille dans sa révolution stylistique. Mais rassurez-vous, un bon vieux dicton dit que Rome ne s'est pas faite en un jour, alors ne jugez pas trop vite ces suédois, qui exposaient au monde en 1994 (à la sortie de ce Wildhoney) sa nouvelle facette.
Assez étrange donc, la nouvelle orientation musicale des gaillards de
Tiamat se veut plus ou moins réussie, par l'apport de quelques touches Pink Floydiennes fort bienvenue. Le problème, c'est que
Tiamat a du mal à embarquer l'auditeur dans son monde, les longueurs de fin d'album et autres structures alambiquées ne parviennent pas à qualifier Wildhoney de "Tuerie" avec un grand T. Pourtant, des morceaux comme "Gaïa" et "Visionnaire" valent vraiment le détour...
A découvrir tranquillement, sans vous attendre à un quelconque blast...