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Chroniques :: Chronique de No Guts, No Glory

Chronique de No Guts, No Glory

Airbourne  - No Guts, No Glory (Album)

 3 
10

3/10 ou 8/10, comme vous voulez



Dommage qu'on ne puisse pas mettre deux notes, avec une seule chronique. Parce que, voilà, quand on essaie de juger un disque, deux avis contradictoires et tous les deux parfaitement valables peuvent s'affronter. Au sein d'une même personne. Oui oui.

Commençons par ce qui fait mal. Ce Born to Kill, c'est de la merde. Alors, en 2009, jouer la même musique que celle du début des années 80, wouah, quel talent. Qu'est ce que vous aller nous proposer ensuite, reprendre des standards de blues à la guitare électrique, histoire d'être VRAIMENT novateur ? Avouons-le, c'est désespérant. Il y existe des camions de groupes qui se cassent le cul à faire leur musique, et cinq branleurs australiens viennent nous pondre les mêmes chansons qu'ACDC. ACDC en plus. LE groupe australien par excellence. Moi, par exemple, si j'étais Allemand, je ferais la même musique qu'Oomph, et personne trouverait ça louche peut-être ? (Ah, on me dit dans l'oreillette que c'est comme ça que Rammstein a commencé...) Et puis, faire du ACDC, mais avec une voix à la Brian Johnson plutôt qu'à la Bon Scott, c'est comme de préférer Metallica depuis la mort de Cliff Burton... De la bêtise. Blonde, Bad & Beautiful pue le It's a Long Way to The Top... Pas de liste ici, ce serait trop méchant. Le pire dans cette histoire, c'est que si on aime le Hard, il existe d'excellents groupes récents, comme Crucified Barbara ou Avenged Sevenfold, donc pas de pénurie dans ce style. Non, je mets 3/10, et encore je suis sympa
Oui, mais en même temps... Les premières notes de Born to Kill nous emportent, comme un punch en pleine face. Les quatre gaillards d'Airbourne savent y faire. Ils déploient une énergie simple, brute, directe. En écoutant Raise The Flag, on a envie de frapper du poing sur la table, de secouer son pelvis comme un singe en rut, bref, de libérer l'animal qui est en nous. There is No Way But The Hard Way est un hymne de marche pour une armée de bikers, ni plus ni moins. De nos jours, on n'a plus cette simplicité gentille, il n'y a que des prises de tête, plus rien de jouissif, comme cela a pu exister en musique. De l'alcool, des gonzesses, des guitares, des bécanes: c'est quand même une recette excellente, et si Airbourne n'a pas inventé la poudre, la mayonnaise prend malgré tout. Et puis, comme l'a dit Joel O'Keefe à propos des comparaisons ACDC/Airbourne: "Que veux-tu qu'on fasse ? Qu'on pleure et qu'on demande à être comparé à Coldplay ?" Alors, je mets 8/10, et je suis vache, le crasseux qui sommeille en moi demande un 20/10 pour cet album.

Voilà, le choix est difficile. En réfléchissant, je mets un 3/10, parce que quand même, faut pas déconner. Mais celui qui adore No Guts No Glory a toutes ses raisons de le faire.

 6 
10



Inutile d’imaginer un seul instant que les débats stériles de polémistes patentés, qui se déchirent sur les champs de batailles de l’esprit artistique, pourraient trouver, à la lueur de ces quelques lignes, une quelconque paix consentis. L’apaisement salutaire s’éloigne d’autant plus que chaque camp avance dissimulé derrière ses arguments pertinents qui, paré du masque de la raison, ne sont rien d’autre que de niaises vérités évidentes. Oui, Airbourne joue, au riff près, et avec un certain talent, la musique du plus illustre de ces compatriotes australien, AC/DC ; et oui, la vigueur, l’énergie, la fougue et l’habileté avec lequel il s’emploie à le faire engendre un incroyable plaisir fondé.

Une fois le préambule obligatoire établis, prélude dont le seul mérite est de définir assez aisément et assez justement la musique des frères O’Keeffe ; il convient, tout de même, d’aller au-delà. Il apparait comme incontestable que l’incroyable exaltation avec laquelle ces artistes s’évertue à communier sur scène avec son public est remarquablement admirable. Pourtant c’est, aussi, dans le marbre d’œuvre intemporellement gravés qu’il nous faut, humblement, juger. Une idée moyenne, même défendue avec un talent, un enthousiasme et une sincérité évidente, n’en devient pas nécessairement une bonne idée.

Et si Airbourne ne manque certainement pas de cette ardeur enivrante, ni même de cette franchise exaltante, je reste convaincu que ces qualités ne sont que vernis. Sous ces couches grisantes la vision de ce groupe n’est, selon moi, qu’un paysage terne. En effet sans le brillant de ces formes entêtantes, le fond de cette musique « australo-angussienne » manque de saveur.

Bien évidement les frères O’Keeffe ont pour eux l’élan de cette jeunesse, une vitalité et une hardiesse infaillible, mais aussi cette capacité à nous offrir des titres efficaces ; là où, désormais, son grand frère australien semble plus emprunté. Ainsi l’énergie communicative d’un furieux Raise your Flag ou encore It ain't over till it's over (dont le riff et l’atmosphère ressemble à s’y méprendre à celui de Whole Lotta Rosie) semble être un passé inaccessible, volontairement ou non, pour d’autres. Car la véritable force d’Airbourne est, aussi, là. Il est capable de réussir là où les frères Young sont, aujourd’hui, impuissants.

S’il apparait comme vain d’énumérer tous les stigmates les plus propres au Hard Rock, et particulièrement à AC/DC, que développe Airbourne sur ce nouvel opus ; il satisfera, incontestablement, pleinement ceux qui s’en contentent et continuera d’alimenter les critiques de ceux qui s’insurgent de ce éhonté plagiat. La polémique n’est donc pas close.

La controverse reste donc d’actualité et les interrogations de rigueur.
Mais est-il nécessairement besoin d’intellectualiser son ressentis et de le projeter dans une vision d’avenir où se poserait, invariablement, les questions d’une carrière musicale basé sur les faits d’armes d’autres ? Non, bien évidement. Cette tendance du mouvement Hard Rock à ne pas renouveler son propos, mais ces acteurs, apparait comme récurrente. Cette démarche de non-renouvellement des idées, que votre humble serviteur aura définis, exagérément, comme l’agonie du genre, n’est rien d’autre qu’une habitude culturelle, selon moi, dommageable ; mais de laquelle résulte incontestablement, et lorsque les musiciens sont talentueux, un bonheur communicatif indéfectible. Ainsi beaucoup auront oubliés tous ces fiers soldats qui n’auront pas marqués de leurs empreintes inaltérables l’histoire, mais qui auront suscité la satisfaction certaine d’un auditoire avide. Effacés les Kix, Dangerous Toys, Panama ou encore The Darkness ; désormais la nouvelle sensation se nomme Airbourne. Et c’est tant mieux.

Quoiqu’il en soit, et à titre tout à fait subjectif, je préfère gouter aux émotions suscitées par l’original originel, plutôt qu’à celle suscitées par des copies, même géniales. Et j’aime, aussi, à ajouter que je regrette la sur-médiatisation de ce groupe au dépends d’autre dont les idées créatives, et les œuvres, apparaissent comme bien plus intéressantes (Buckcherry, The Poodles…)

Pas de réconciliations donc à l’aune de ce No Guts, No Glory. Les uns continueront de se satisfaire de ces délicieuses allégresses immenses fomentés, très justement, par ce Hard Rock « australo-angussien », quant aux autres ils poursuivront cette dénonciation, non moins justement, sous le sceau du plagiat irrespectueux. Et tous auront raison.



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Commentaires


Les tentatives de belles formulations pas toujours adroites rendent la lecture de cet article éprouvante. C'est bien d'essayer d'écrire de belles tournures lyriques mais là ça manque de pertinence et de spontaneité, surtout pour la chronique d'un album d'Airbourne. En plus tu ne décris pas de manière assez approfondie le contenu de l'album. Dommage car tes réflexions sont intéresantes.
sam. 20 mars 10- 00:38  
Je crois avoir suffisamment développé sur l'analogie, évidente, qui existe entre AC/DC et Airbourne. Pour moi le groupe des frères O'Keefe ne s'inspire pas de celui des frères Young, il le plagie, parfois, au riff près. Certain s'en contentent (et tant mieux pour eux), moi non.

Approfondir davantage ce No Guts, No Glory serait revenu à parler (encore) d'AC/DC. Je n'ai pas jugé nécéssaire de le faire en décrivant ce disque titre par titre. Il m'apparaissait clair qu'au delà de l'énoncé, pourtant, simple du fait qu'Airbourne était le parfait sosie d'AC/DC et qu'il contenterait largement ses fans, et qu'il ne parviendrais pas à convaincre ses détracteurs; tout était dit.

Je devine, dans tes critiques concernant mon style, une certaine frustration. On peut regretter, à juste titre, cette manière, qui est la mienne, de m'exprimer. Si c'est effectivement, parfois, maladroit et lourd; je ne peux pas te laisser dire que mes idées manque de pertinence.

Au-delà de ça je m'étonnes que tu sois attristé par mon manque de spontanéité. Chroniquer, et donc analyser, une œuvre se fait après réflexion, non? Il n'y a pas de place pour la spontanéité dans la réflexion.

Quoiqu'il en soit je te remercies d'avoir lu mon texte, même si l'effort t'as été pénible.

sam. 20 mars 10- 18:22  
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Airbourne - No Guts, No Glory


Sortie : 8 mars 2010
Genre : Hard Rock
Label : Roadrunner Records
Playlist :
1. Born To Kill (3:39)
2. Ain’t No Way But The Hard Way (3:34)écouterlisten
3. Blonde, Bad And Beautiful (3:49)listen
4. Raise The Flag (3:32)
5. Bottom Of The Well (4:29)
6. White Line FEVER (3:10)
7. It Ain’t Over Till It’s Over (3:17)
8. Steel Town (3:08)
9. Chewin’ The Fat (3:11)
10. Get Busy Livin’ (3:36)
11. Armed And Dangerous (4:12)
12. Overdrive (3:22)
13. Back On The Bottle (3:50)
14. Loaded Gun (Edition limitée) (2:51)
15. My Dynamite Will Blow You Sky High (Edition limitée) (3:24)
16. Rattle Your Bones (Edition limitée) (2:36)
17. Kickin' It Old School (Edition limitée) (2:37)
18. Devil's Child (Edition limitée) (2:12)
écouter : Ecouter l'album

Airbourne

Airbourne
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Création : 2001
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