Certaines pochettes sont destinées à rester dans toutes les mémoires tant elles marquent une époque. Celle de ce disque de Quiet
Riot en fait partie. Voir un homme pris dans une camisole de force avec un masque de fer sur le visage, ça a quelque chose de frappant. Cela s'imprime sur la rétine, ça reste solidement en tête. On la voit une fois, on s'en souvient toute sa vie, surtout que le titre de l'album est clairement évocateur : Metal Health. Les habitués d'Arkham objecteront qu'il manque un "n", mais on s'en tape. Le jeu de mot était pourtant si évident, pourquoi personne n'y avait songé avant ?
Bref, une pochette qui donne déjà envie de s'intéresser au disque. Bien sûr, les plus méfiants flairent directement un piège. Surtout que Quiet
Riot n'en est pas à son coup d'essai. Le groupe a déjà eu une vie, mené par la guitare flamboyante d'un certain
Randy Rhoads, pour une carrière très confidentielle... au Japon. Il n'est pas étonnant que le jeune prodige de la six corde s'en soit allé rejoindre
Ozzy Osbourne pour mourir tragiquement en 1982. Et alors, Quiet
Riot se reforme sous l'impulsion du bassiste
Rudy Sarzo et du chanteur
Kevin DuBrow pour rendre un hommage à Randy.
Un hommage qui délogera le Police de Sting à la première place des charts aux USA avec plus de six millions d'exemplaires vendus... Bon, on l'admet volontiers, la pochette ne fait pas tout, même si elle doit jouer un petit rôle. Le second single de la galette est à mettre au rang des accusés.
Cum On Feel The Noize, reprise délicieuse de Slade, a cartonné sur les ondes. Un véritable hit single. Une simplicité à toute épreuve, une mélodie facile à suivre, un refrain tout simplement énorme et le tour est joué, malgré un son bien heavy, lourd et presque rentre-dedans pour l'époque (accentué il est vrai par la grande prestation de Kevin DuBrow au micro).
Et oui, une pochette et un single de la mort qui tue et pas qu'un peu, ça ne suffit pas à faire un excellent album. Alors il convient d'écouter le reste pour se rendre compte des nombreuses qualités de Quiet
Riot.
Le groupe apprécie énormément les mid tempos, qui leur permettent de proposer un hard rock fortement mâtiné de heavy metal avec des refrains qui se veulent fédérateurs, que l'on retient facilement et que l'on fredonne avec plaisir.
Don't Wanna Let You et son approche quelque peu funky,
Slick Black Cadillac... des petits bijoux du genre qui, près de trente ans plus tard, continuent à faire effet, qui continuent à donner envie de se bouger le popotin (ça tombe bien, à une époque d'internet intense, ça évite les escarres...).
Mais Quiet
Riot sait également proposer des titres plus frondeur, comme le morceau titre, dont les cinq minutes sont du pur bonheur, avec une guitare aiguisée comme un scalpel. Ou encore
Breathless où
Frankie Banali imprime un rythme de batterie effrénée, proche du heavy metal, où il fait montre de son talent. Il n'est pas qu'un batteur à la frappe sûre et précise, il démontre qu'il peut également être rapide et constituer une bonne base pour la guitare de
Carlos Cavazo, le successeur de Rhoad, qui, s'il n'impressionne pas, reste cruellement sous-estimé.
Et ce Metal Health s'achève sur une ballade posée, embellie par des choeurs limite Queenesques,
Thunderbird, en hommage à Randy Rhoads. Evidemment. Mais la chanson est sympathique, voire même très réussie, pour peut que l'on soit sensible à ce genre de composition.
Metal Health, c'est un des best sellers du metal. Un album dont les metalleux, de nos jours, n'ont pas à rougir tant il est rempli de titres directs, très rock dans l'esprit et construits pour la plupart comme des hymnes en puissance. On pourra regretter un
Battle Axe et un
Let's Get Crazy moins motivant que le reste, mais qu'est-ce donc au milieu d'une telle armada de titres tous plus excellents les uns que les autres ? Un must have à son échelle, pas aussi nécessaire que d'autres albums, la faute finalement à une carrière qui ne décollera pas après ce coup d'éclat. Si Quiet
Riot avait explosé en terme de popularité, il serait certainement considéré comme un classique absolu.