Apparemment, le premier volume n'a pas suffit à calmer les ardeurs des compilateurs des maisons de disque qui ont décidé de remettre le couvert avec un nouveau tribute album pour
Helloween, tandis que ces derniers sortaient gentiment
Rabbit Don't Come Easy dans leur coin. Cette fois -ci, ce sont les espagnols de
Arise Records qui héritent du bébé, NTS mettant en effet la clé sous la porte. Est-ce pour ça que les groupes présents ici ne sont pour la majeur partie inconnus du grand public ? Est-ce pour cela que certains n'ont toujours pas percé ou ont splitté sept ans plus tard ? Un détail.
L'exercice du tribute album est souvent futile. Les groupes s'appliquent réellement à reprendre des chansons, c'est super, l'interprétation est superbe la plupart du temps, mais... tellement proches des originales !
Helloween n'est du coup pas particulièrement gâté. Les élèves sont appliqués, mais ils se contentent de reprendre à la note près (ou peu s'en faut, quelques détails peuvent se révéler bénéfique ou agaçant selon le cas). Du coup, on est dans l'hommage suce-couille. La formule est sèche, peut-être bien très arrogante, mais l'intérêt de la reprise serait de montrer à un groupe qu'on l'aime et de montrer ce qu'il nous a apporté en imposant notre propre style. Jouer la même mélodie, rester dans le carcan de la partition originale, cela finit par devenir très lassant pour l'auditeur avertit, fan d'
Helloween, qui aura toujours tendance à revenir à la composition originale. Sans vouloir être médisant avec les groupes présents ici, qui ont la chance de participer au projet et, avec un peu de chance, de bénéficier d'un coup de projecteur bienvenue.
Ce qui est tendancieux sur ce volet, c'est de constater que les groupes ayant eu le courage de reprendre (à la lettre) un morceau interprété par
Andi Deris souffrent d'un problème de production. Etrange. Ainsi, Dragonland et
Highlord voient leur prestations entachées par un problème de son qui les met en retrait par rapport à leurs comparses qui piochent allègrement dans l'air Hansen et
Michael Kiske. L'enchaînement entre
Sole Survivor et
Twilight Of The Gods peut même être très douloureux si vous augmentez le son pour avoir la première à niveau... Bref, le genre de détail qui peut vite sembler injuste et aussi cool qu'un coup de pied dans les joyeuses.
Une autre constante est de remarquer que la plupart des formations insistent parfois trop fortement sur la double pédale, quand il n'y a pas forcément lieu d'être. L'effet obtenu peut rapidement devenir lourdingue et sans subtilité. D'autres, qui ont un claviériste dans leurs rangs, insèrent comme ils le peuvent l'instrument dans la compositions, prenant parfois des raccourcis un peu lassant (Arwen aura tendance à exagéré le trait sur
March Of Time, avec une intro du coup complètement ratée, alors que le groupe parvient à se rattraper par la suite).
Et dans cet exercice de style somme toute classique, on trouve de bonnes surprises. Déjà, il est de bon ton de noter la prestation de Iron Saviour, dont le leader
Piet Sielk est lié à l'histoire d'
Helloween, à ses débuts à la fin des '70. A ce moment, Iron Saviour commençait à devenir une espèce de looser du metal, incapable de sortir un disque réellement motivant après le départ de
Kai Hansen, aussi saluer sa version vitaminée et actualisée de
Phantoms Of Death n'est que justice. La prestation de
Beto Vazquez Infinity n'est pas à négliger. Autant sur album la formation peut s'avérer décevante, autant ici, il est dans son élément en reprenant la ballade
A Tale That Wasn't Right (celle qu'on ne peut pas se permettre de foirer), accompagné ici par l'ex-Dark Moor
Elisa, qui avait déjà grandement impressionné sur le premier volet de ces best-of en faisant la nique à Kiske sur
Halloween... Aussi... J'ai un message personnel important à faire passer :
ELISA ! SI TU LIS CETTE CHRONIQUE, EPOUSES-MOI !
Hum, pardon. Bref... Tout ça pour dire que sa prestation est une fois de plus remarquable et que sa montée en puissance est tout simplement irrésistible. La grande satisfaction de cette compilation.
On ne peut pas dire que ce tribute album soit essentiel, sauf pour les fans peut-être. Et encore. Trop respectueux des originales pour vraiment apporter de l'intérêt, ces reprises. Mais les prestations des groupes sont souvent très honnêtes et celui qui suit
Helloween depuis des années peut alors constater que son groupe fétiche a vraiment eu un poids considérable dans le monde du metal et que même si l'éclat en est terni, il reste une des valeurs sûres de la scène. Et que tous ces groupes sont avant tout venu dire merci de leur avoir montré le chemin.