Après le carton mondial de Fallen,
Evanescence tarde un peu pour sortir
The Open Door, second album officiel du groupe, troisième réel et premier sans
Ben Moody à la composition et à la guitare. Lui qui était l'un des artisans du succès du précédent opus avec
Amy Lee, on pouvait clairement se demander comment la formation allait entamer la phase d'écriture. Mais une chose est certaine, dans le coeur des fans, il y aura toujours un avant et un après Moody. Fallen lui est indissociable. Pour le meilleur et pour le pire (surtout pour le pire), amen.
En fait, on remarque vite que Moody ou non, le style d'
Evanescence reste le même. Donc ceux qui trouvent Fallen sans intérêt parce que trop commercial, parce que best seller et surtout, parce que peu inspiré peuvent s'arrêter là,
The Open Door ne les intéressera pas plus que ça vu que les deux albums tapent dans la même catégorie, une BO de blockbuster (Daredevil, misère !) en moins pour doper les ventes.
Les autres peuvent continuer.
Dire que Fallen et
The Open Door sont similaires n'est pas faux. Ce n'est pas entièrement juste non plus. Ici, le son est quand même plus crade dans son ensemble, la production ne lisse pas l'ensemble ce coup-ci. Quelque part, tant mieux, cela permet à
Evanescence de sortir de ce côté très formaté, très clean dans lequel il menaçait de s'enfoncer avec son neo metal teinté de sonorités gothiques.
Les défauts sont toujours les mêmes. Une certaine linéarité, des compositions assez fades du fait qu'elles peine à se renouveler et proposer quelque chose qui sorte vraiment du lot, même si un effort est fait pour dopé des refrains ou placer des lignes mélodiques accrocheuses.
Evanescence est un groupe moderne qui sait que son salut passe par MTV, aussi certains titres sont particulièrement travaillés en vue de devenir des singles que la chaîne musicale américaine peut matraquer en heavy rotation. Pas forcément une démarche de compositions honnête, surtout quand la batterie fait de la peine au niveau du son, avec une approche plus variétoche voire r'n'b que foncièrement metal.
Quant au chant de Amy Lee, on ne peut pas dire qu'elle ait fait de gros progrès, elle reste égale à elle même, entre une douceur qu'elle peine à reproduire en concert et une rudesse plus intéressante, où elle sort du moule de la gamine qui lui colle à la peau. Mais on pourra tout de même lui reprocher d'écrire dans un style trop facilement identifiable et en définitive, bien trop classique pour tenir sur la durée. Avec les alternances entre la force et la mélodie, les morceaux de
The Open Door ne surprennent pas et se glissent dans une routine qui condamne irrémédiablement le groupe à l'oubli. L'exploit de Fallen ne peut être réédité, pas cette fois-ci.
Quid de
The Open Door ? Un disque comme un autre, pas mauvais, pas franchement bon, qui se laisse écouter sans déplaisir, mais dont on ne retiendra que le joli packaging en fait. Les temps sont durs pour
Evanescence qui comprend après ça qu'un miracle ne se produit jamais deux fois de suite (comme l'équipe de France de Football l'avait appris en 2002, les nuls, hé !) et n'aidera en rien à consolider la réputation du groupe. A grandir trop vite, on a souvent les chevilles d'argiles et dans ce cas, gare à la chute.