Darkwell avait les bonnes cartes pour avoir une carrière intéressante, à défaut de s'imposer comme l'un des leaders de la scène metal goth européenne, déjà bien encombrée. Mais voilà, le groupe a trop espacé ses sorties pour réellement retenir l'attention des foules et là, c'est un véritable problème.
Bien sûr, deux ans entre deux disque, ce n'est pas une honte, c'est d'ailleurs la norme (comparé aux années 70 où chaque groupe pouvait sortir un album tous les six mois et souvent très différents l'un l'autre). Pour un jeune groupe, c'est parfois difficile de réunir la somme nécessaire pour régler les frais de studio quand on veut un travail de bonne qualité. Là, le problème, c'est que pour succéder à l'intéressant Suspiria, Darwell propose un EP quelque peu famélique,
Conflict Of Interest.
Musicalement, on est dans la droite lignée de ce que le groupe proposait déjà sur Suspiria, à savoir un metal gothique monolithique, aux guitares pesantes héritées de l'univers de
Black Sabbath. Les rythmiques se veulent également lourdes, le clavier se chargeant d'apporter à l'ensemble des parties qui vont déchirer la chape de plomb, tout aérer, pour que
Alexandra Pittracher puisse poser sa voix particulière de façon optimale.
Malheureusement, les nouveaux morceaux peinent à réellement prendre de l'ampleur. Il faut attendre le long et torturé
Elisabetha pour que l'ensemble commence à décoller.
The Crucible sera quant à lui une bonne paire de claques qui viendra donner un coup de fouet bienvenu à l'auditeur. La question est : pourquoi ne pas avoir ouvert le disque avec ce morceau plutôt que de le faire intervenir plus loin, quand la lassitude aura commencé à s'installer ?
Twist In My Sobriety, originellement interprété par
Tanita Tikaram est ici bien reprise. Il faut dire que le titre, à la base, se prête volontiers à un traitement plus heavy et
Darkwell n'aura pas eu à trop forcer son talent pour se l'approprier tout en conservant son esprit originel, respectueux de l'oeuvre. Un autre bon point pour cet EP.
Ensuite, nous avons droit à deux morceaux live, bien joués, issus du premier album, devant un public que l'on a l'impression de découvrir assez clairsemé. Ils donneront lieu également à une piste vidéo. Encore une fois, la prestation d'Alexandra est intéressante, son style vocal particulier s'accordant très bien à l'univers de
Darkwell. Puis voilà. Fertig. Trente deux petites minutes et puis s'en vont.
Conflict Of Interest est un EP un peu trop court après deux ans d'absence. Maigre, pas forcément très motivant, il ne permet pas à
Darkwell de surfer pleinement sur la dynamique du premier album. En revanche, tout n'est pas à jeter, il y a même de quoi passer quelques très bons moments sur ce disque. C'est juste qu'il ne comble pas une attente, qu'il ne suffit pas à convaincre et surtout, surtout qu'il arrive trop tard pour son contenu.