Great White commence à gagner en puissance. Capitol a remarqué le groupe (dont le premier album éponyme est sorti sous deux noms différents, en fonction du pays) avec Shot In The Dark et s'est empressé de récupérer la formation menée par le chanteur
Jack Russel. Et on peut dire que les dirigeants de Captiol ont eu le nez creux, du moins au début, parce que
Great White allait littéralement exploser.
Once Bitten, malgré sa pochette pas forcément très engageante (le fille est jolie, mais l'aileron de requin en carton pâte à l'arrière plan est salement ridicule quand même), est un disque qui peut fréquemment se retrouver sur votre platine, même si le temps a laissé son empreinte dessus. Près de vingt cinq ans se sont écoulés, l'univers musical a grandement évolué. Les possibilités en studio sont plus importantes, le son est très différent. Mais ce qui sauvera toujours ce disque de
Great White, c'est sa simplicité, qui devient une véritable force.
Les musiciens ne sont clairement pas ici pour en mettre plein la vue avec des plans complexes, des parties de batterie métronomique et syncopées à l'extrême. Non. Le grand requin blanc joue un hard rock volontiers bluesy, simple, sans prise de tête, mais très bien fait, suffisamment pour que l'on passe un excellent moment face à ces neuf compositions tour à tour énervées ou au contraire, posées.
Un titre comme
Rock Me résume assez bien la philosophie de
Great White : la batterie imprime un groove sympathique avec la basse pour que la guitare puisse se poser dessus, teintée de blues, faisant un bel appel du pied pour un harmonica bienvenue. Jack Russel n'a plus qu'à chanter avec décontraction, avant de laisser exploser sa puissance vocale sur un refrain simple, direct, mais efficace. Et quelques soli fusent, mélodiques, agréables. Ici, c'est plus de sept minutes qui passent comme une lettre à la poste sans que la chanson soit motivée par un break meurtrier ou un retournement de situation inattendu.
Tout le long, la guitare est très présente, très rock, quand elle ne part pas en vrille lors d'accélérations purement jouissives (
Fast Road porte vraiment bien son nom !). Elle sait aussi se faire velours, comme le témoigne la ballade finale
Save Your Love, typique des années 80, mais très réussie. Les musiciens de
Great White savent aussi faire gonfler leurs compositions, comme pour
Mistreater qui commence doucement, simplement une guitare acoustique qui égraine un blues délicat avant que l'électricité afflue et donne une autre dimension au morceau, plus lourde, plus graisseuse, avec toujours en arrière plan, ce blues qui ne quitte jamais vraiment le grand requin blanc.
Bien sûr, ça a été dit, Once Bitten, c'est un peu le reflet d'une époque, où le big rock, le glam, le hard US, appelez ça comme vous voulez, avait le vent en poupe. Mais
Great White le fait bien et chez ce groupe, la musique a toujours prédominé par rapport aux frasques avec les groupies, la drogue ou l'alcool. Un groupe intègre, donc, qui signe là un de ces meilleurs albums. Pour se changer les idées ou pour vivre un bel élan nostalgique. Classe.