Les Roumains de
Negură Bunget ont indéniablement marqué un page dans l'histoire du Metal de leur pays. Depuis leurs débuts, ils n’ont cessé de nous impressionner avec leur Black Metal expérimental, progressif et atmosphérique.
Et si leur interprétation du Black Metal est encore très personnelle aujourd’hui, ils jouissent d’une petite renommée plutôt bénéfique auprès des fans et des amateurs.
Maiestrit est une sorte de nouvel album pour le groupe. Oui, une sorte parce qu’en réalité, il s’agit d’une réinterprétation de Maiastru Sfetnic, 10 ans après. Maiastru Sfetnic était en effet une véritable pièce de Black Metal, sombre, malsain, cru, etc. Il possédait tout de même la patte de
Negură Bunget tel que nous le connaissons aujourd’hui, mais il est vrai qu’il montre un groupe hargneux, et vicieux.
Au fil du temps,
Negură Bunget a su peaufiner son art. Il a su agrémenter sa musique avec des instruments Folk qui se fondent à la perfection dans les paysages épiques dessinés par les roumains.
Et si Maiastru Sfetnic avait été écrit aujourd’hui ? Ca aurait donné quoi ? Et bien, ça aurait donné Maiestrit tout simplement.
Eh oui, Maiestrit s’impose immanquablement comme la nouvelle pièce de la discographie du groupe, un pont entre le passé et le présent, une rétrospective au gout d’idylle.
On retrouve avec ce nouvel opus un exercice peu évident, mais le rendu final sera largement à la hauteur de nos espérances.
Les fans de la première heure crieront sans doute au massacre, mais on a tout de même bien l’impression d’écouter deux disques bien différents.
On sent un groupe très mature qui incorpore avec magie et discrétion les éléments du
Negură Bunget actuel pour en faire ressortir un Black Metal atmosphérique, non dénié de passages frissonnants. Ainsi, on retrouvera une version bien étoffée du premier album que les roumains ont transformé en voyage rétrospectif.
Ce voyage rétrospectif est aussi un voyage dans des mondes à la fois obscures et envoutants.
Les ambiances sont travaillées à merveille et chaque instrument est en parfaite harmonie avec l’autre. La musique de
Negură Bunget forme un tout, un tout indissociable qui lui apporte toute sa richesse et sa complexité. Et c'est sans compter les passages acoustiques qui parsèment l'album et qui lui donnent une dimension si particulière.
On notera des titres magnifiques comme Bruiestru qui ne sont autres que des appels à l'évasion.
Il ne sera pas rare de se laisser aller à rêver, tout en étant rappelé à l’ordre par ces éléments si haineux qui proviennent directement des racines Black du groupe à ses débuts. On pourra évidemment faire le rapprochement avec
Drudkh lors de passages ‘slow Black’ pesants, lourd mais terriblement efficaces et enchanteurs.
La facilité déconcertante avec la quelle
Negură Bunget allie les passages si doux des instruments acoustiques avec les passages agressifs du Black Metal restera un mystère qui ne devra être percé pour conserver son aura. Mais quand même, ça a de qui impressionner... On reconnait bien là tout le talent dont fait preuve le groupe depuis ses débuts, une réputation qui n'est pas volée mais bel et bien méritée !
Avec cet exercice de la réinterprétation,
Negură Bunget ne s’attaque pas à une chose facile. Et pourtant, il arrive à redonner un coup de jeune à un album vieux de 10 ans, et ainsi, l’intégrer efficacement à sa discographie. On retrouvera tous les éléments du
Negură Bunget actuel, avec bien sûr les éléments plus Black des débuts. Ainsi,
Negură Bunget nous présente un album totalement différent et majestueux. On regrettera juste une tendance à s éterniser sur quelques titres, mais au vue du travail effectué, cela reste un détail.
Une fois de plus, des roumains prouvent que la scène de l’Est n’est pas dénuée d’intérêt. Chapeau bas.