Il y a deux ans,
Karmic Link sortait de nul part ou presque et déboulait avec un premier album très sympathique, au nom ronflant de
No Light But Rather Darkness Visible. A vos souhaits. Mené de main de maître par le claviériste
Stathis Kassios et la ravissante
Mina G derrière le micro, le groupe créait la surprise dans le monde du metal gothique, avec ses touches electro, pop et parfois très chaudes, comme ce sirtaki endiablé qui marquait la moitié du disque avec panache.
Aussi, quand l'occasion d'écouter le nouvel opus avant tout le monde s'est présenté, il n'y a pas eu d'hésitation possible.
Karmic Link a été poussé au rang d'espoir, il était intéressant de voir si la formation allait confirmer. Déjà, en deux ans, il a coulé de l'eau sous les ponts. A présent, le groupe se focalise sur Stathis et un nouveau venu,
Evan Hensley, au nom difficile à porter dans le milieu du metal. Mina G chante, mais n'apparait plus forcément dans le line-up officiel du groupe. Ce n'est pas forcément un bon signe. Ah oui, Stathis a pris du poids également. Mais on s'en fout.
Bref, c'est avec de l'appréhension que le disque arrive sur la platine. Onze titres, une bonne quarantaine de minutes au compteur, il y a de la matière, aussi faut-il qu'elle soit de qualité, cette matière. Si on paye pour un kilo d'or, on est en droit de faire la gueule si on reçoit un kilo de plomb (avec en bonus le saturnisme, pour égayer les soirées d'hiver).
Mais très vite, on est rassuré par la prestation du... groupe ? Projet ? Cette fois-ci, il n'a pas été question de partir dans tous les sens, sans définir une ligne fixe. Ceux qui ont apprécié l'éclectisme du premier album seront peut-être déçu de voir que Esoterica se veut plus homogène, avec un style bien imprimé à l'ensemble. Le clavier de Stathis est toujours l'une des armes infaillible de l'ensemble, distillant avec soin des mélodies soignées et des effets plus electro qui se mêlent très bien à l'ensemble. Evan, quant à lui, s'occupe de combler les espaces avec une guitare énergique, qui parfois présente des relents thrashy qui s'intègrent très bien à l'ensemble.
Bien sûr, le mot d'ordre reste la musicalité. Un grand effort a été fait de ce côté là, pour que chaque arrangement s'intègre parfaitement à l'ensemble. Même les dissonances volontaires sont parfaitement gérées. Du coup, aucun solo de guitare ne paraitra superflu, aucune sonorité electro n'agressera l'oreille. Trop calculé ? Peut-être, mais il y a beaucoup de spontanéité tout de même, ce n'est pas le metal gothique classique, clinique, froid et moribond. Il est coloré, sacrilège ! Et pire, chaud, sensuel, entraînant, plaisant et il donne la pêche. Hé ! Ce sont des choses qui arrivent.
Quant à Mina G... Ben elle est ravissante. Et en plus, elle chante bien. Sa voix est vraiment très agréable, plutôt medium, ne cherchant pas à atteindre des notes impossibles. Un timbre diablement sensuel, un appât supplémentaire pour le chaland qui ne sera pas insensible à l'érotisme qu'elle dégage. Il suffit d'écouter la chanson titre, en collaboration avec
Efthimis Karadimas (Nightfall), vieille connaissance de Stathis, pour s'en rendre compte. Ou encore la délicate ballade
Still.
Bien sûr, le fait que
Karmic Link semble avoir trouvé sa voie ne fera pas que des satisfaits. Les choix sont discutables, certes. Mais Stathis semble à l'aise ici. Et connaissant l'éclectisme de l'homme, on peut s'attendre à un troisième album encore très différent. Non, les musiciens n'ont pas raté ce disque, au contraire. Plaisant de bout en bout, complet, riche et assez varié, il sera capable de plaire à un large public, pour peu que l'on veuille bien leur laisser une chance. ceux qui ont aimé le premier disque et l'album de
Luca Turilli's Dreamquest n'ont pas d'excuses.