Le split a toujours été un format privilégié dans le milieu du Black Metal. Et pour diverses raisons d’ailleurs…
Réunissant le plus souvent deux groupes proches idéologiquement ou musicalement, c’est toujours avec un certain engouement que l’on appréhende ce genre de disques…
C’est au tour de la scène espagnole de nous dévoiler deux de ses recrues infernales, et pas des moindres :
Körgull The Exterminator et Morbid Yell !
Et si ces noms ne sont encore connus que dans la confidentialité de l’underground, ils n’en sont pas pour autant mauvais.
Le disque commence avec la prestation effroyable de
Körgull The Exterminator (aussi connu sous le nom de Körgull, ou encore The Exterminator…).
Rapidement, l’auditeur se retrouvera au milieu d’un chaos sonore des plus terrifiants. Bercé par des influences Punk très marquées, c’est avec un Black Metal bien old school, bien rétro que la horde maléfique assassine la chrétienté et les autres religions. Puisant dans tout ce que la musique a connu d’extrême (
DarkThrone,
Morbid Angel,
Adorior, Zöldier Noiz,
Von, etc.) Körgull enchaine les pistes, toutes aussi chaotiques les unes que les autres, rappelant parfois un bon vieux
Hellhammer, version encore plus Black.
C’est donc la voie du Chaos qu’a choisi l’exterminateur, et cela risque de ravir plus d’un chevelu ! Les ambiances sont noires, très noires, les riffs sont apocalyptiques au possible, et on le son fait que l’on se croirait dans un endroit clos, en compagnie du groupe. Le son est en effet très intimiste, ce qui touche encore plus l’auditeur, qui se sent concerné par la musique du groupe.
Et ce chant ! Venons-en aux faits ! Ces acclamations démoniaques sont l’œuvre d’une fille ! Et oui, en la personne de Lilith, Körgull a trouvé celle qui ouvrirait la brèche avec le monde parallèle, le monde du Mal ! Son chant vraiment haineux et possédé est vraiment violent, et dévastateur. Et en cela aussi Körgull peut se rapprocher d’
Adorior.
Avec The Dark Riders, The Exterminator arête-là son carnage pour laisser place à Morbid Yell.
L’ambiance n’a pas changé, on est toujours plongé dans une noirceur angoissante, mais le son est quelque peu différent tout de même. Avec Morbid Yell, les influences Punk sont bien moins marquées, laissant place à un Black Metal intense, maladif et avec un son vraiment underground.
Le son peut faire penser à la démo de Wrathprayer, ou d’autres trucs bien suffocants, comme parfois
Teitanblood.
Bref, le son est claustrophobique, pesant, lourd, et très vite, il nous mettra mal à l’aise. Là aussi l’impression d’être enfermé dans un petit espace, clos, se fait ressentir. Sauf que là, le groupe parait plus lointain, presque
spectral.
Certains passages comme sur Looked
Down Into The Mirror Of Darkness intègrent des éléments incantatoires, noyés dans les guitares, pour un effet transcendant très réussi.
Que rajouter de plus si ce n’est que la musique, tout en étant une véritable anarchie sonore, est tout de même vraiment bonne et prenante. Les ambiances malsaines sont vraiment recrées à merveille.
Evidemment, une telle œuvre ne plaira pas à tout le monde, c’est certain, et c’est ce qui fait le charme de l’underground.
Mais les amateurs seront ravis, à coup sûr !