Il faut admettre qu’il n’est pas incompréhensible de voir dans les résurgences actuelles de certaines de ces musiques, de temps antiques aujourd’hui définitivement révolus, de délicieux plaisirs pas obligatoirement injustifiées. Ainsi peut-on se réjouir de voir resurgir ces fantôme d’un passé vieux de plusieurs décennies que, changements obliges, les dignes héritiers contemporains, à la volonté évolutive incessante et parfois, il faut bien le reconnaitre, usante, n’ont eu de cesse de piller et ce afin de le faire grandir, et voyager en d’autres espace créatif, donnant, parfois, naissance à de nouveaux style. De manière naturellement cyclique, aidé de cette délicieuse nostalgie qui donne aux souvenirs des teintes divinement particulières, il n’est pas rare de voir renaître, au delà de ces antiques influences infimes normales, des groupes totalement dévoué à ce passéisme démodé. Si la démarche de ces groupes aveuglés par les regrets, et dont chaque pas le fait dangereusement vaciller sur la frontière ténue entre génial hommage respectueux et ridicule plagiat saugrenue, demeure fort respectable, elle demeure, aussi, un partis pris dans lequel la créativité peut, très vite, se retrouver emprisonnée.
Cauldron est un groupe canadien, de Toronto très exactement, dont les premières apparitions dévoilèrent une volonté farouche de se démarquer de toute cette génération de musiciens dont les désirs de s’inscrire dans un Heavy toujours plus puissant, toujours plus grandiloquents et, parfois, toujours plus théâtral offrirent au genre nombre incalculables de clones à l’intérêt, souvent, limité. Après un premier EP autoproduit, le groupe sort son premier album, Chained to the Nite.
Et d’emblée il s’en dégage une certaine naïveté, et ce notamment à cause de ces voix doucereuses coupables, qui peut-apparaitre comme touchante, mais dont l’aspect résolument désuet pourra ne pas convenir à tous et à toutes. De plus si cette insistance à ne pas alourdir son mélange Heavy Metal, aux parfums très prononcés de ces années 80 dans lequel on ressent, musicalement, les diverses influences de certains des acteurs de cette époque (
Diamond Head,
Iron Maiden,
Omen, Holocaust ou encore, par exemple,
Saxon) offre une vraie simplicité séduisante au propos de ces canadiens ; le manque d’agressivité qui se dégage de ces titres en constitue un véritable défaut handicapant. Cette douloureuse défaillance, accentuée par ces chants bien trop anecdotiques et fade, ne peut que nous laisser un gout amer. D’autant que des titres tels que Chained Up In Chain, l’excellent, malgré son refrain candide, Conjure The Mass ou encore par exemple, le très bon Chained Up In Chains propose des moments plaisants qui, sans transcender nos émois, demeurent appréciables. Le véloce et furieux Dreams Die Young fait figure d’exception tant ce titre éveille la face la plus enthousiaste et frénétique de ces nord-américains. Une ardeur qui s’éteindra aussitôt que se taira la dernière note de ce morceau.
Proposant un lien intéressant entre passé révolu et présent nostalgique, Cauldron nous présente avec cette œuvre, Chained to the Nite, la conception singulière de ce Heavy traditionnel d’autrefois dans lequel les influences passéiste d'une décennie définitivement résolus demeurent prégnante. Dans l’expression d’une sincérité convaincue l’œuvre manque pourtant d’un peu de vivacité et d’exaltation, pour réellement nous convaincre définitivement. La musique de ces canadiens si elle est, sans aucun doute, remarquablement influencé, n’est donc, pas nécessairement influente.