Aaaaah, Seventh Son Of A Seventh Son ! Probablement l'album plus représentatif de Maiden et en même temps le moins classique tant il répertorie tout ce quel le groupe sait faire. Somewhere In Time était mature mais il manquait encore ces grandes touches de noblesses épiques qui habitent Seventh Son.
On a affaire à un concept album donc. Maiden, bien fatigué de leur sans faute, fait une pause après la tournée de Somehere In Time. Et c'est un plaisir de constater que le groupe n'a rien perdu de son talent et délivre peut être le meilleur album de sa discographie. Bien sur il y aura toujours ceux qui préfèreront le coté ultra mélodique de Somewhere, ou le plus direct Number Of The Beast (ou encore Powerslave qui est entre les deux), mais on ne peut pas nier que Seventh Son est l'album le plus intelligent de cette période. Le groupe joue sur une parfois ambiance froide, mais un froid quasi météorologiquement (le fan d'
Immortal que je suis et que vous devriez être ne peut que prendre son pied). De plus, on ne se limite pas aux power chords bateaux ici, on enchaine des power chords, certes, mais derrière des riff mélodiques qui tendent à créer une ambiance assez... intelligente. Intello est un mot qui correspond bien à l'album. Un peu à la manière de Somewhere d'ailleurs mais sans le coté "cyberespace" , et avec la grandiloquence, l'épique, les choeurs, la finesse, et, tout de même, dans le Heavy Metal aux accents toujours bien headbangants.
Il suffit d'écouter le morceau éponyme pour s'en rendre compte : Maiden a vraiment décider de devenir un groupe de Metal ambitieux. Pompeux diront certains. Qu'ils apprennent à comprendre la beauté qui réside dans la finesse mixée à l'agressivité. Lorsqu'ils auront fait ça, ils pourront peut être revenir parler de Seventh Son. Bref, j'en reviens à ce morceau éponyme : Riff classieux, l'ambiance est tout de suite posée :nous voyagerons dans de belles cavernes aux murs lisses et miroitants sous un ciel bleu marine ou les stalactites reflètent les lacs sombres. Ou dans quelque chose du genre, pas loin en tout cas. Toujours est il que nous voyagerons dans un morceau réfléchi, avec ses chœurs, ses claviers, ses mélodies, ses solis virtuoses plus Heavy, ses envolées lyriques purement Dickinsonienne (Dickinson est bluffant d'ailleurs), bref, nous voyageront dans du Maiden au top de sa forme et de son inspiration qui a enfin compris que les passages nobles des albums précédents étaient la voie à exploiter.
Toutefois, car il y a un toutefois, un morceau vient globalement péter le sentiment d'intelligence, de maturité et de classe (style costar/cravate du Metal), ce morceau est Can I Play With Madness. Le mot qui qualifie le mieux le morceau est "naïf". Mais bêtement naïf. J'ai pas compris sur ce coup la. Le riff mélodique derrière le refrain est supra niais, le "Can I Play With Madness !" de l'intro aussi, le riff reprends la même formule déjà entendue de Maiden et ça pue la jeunesse et l'immaturité, tout simplement. Mais pas à la
Kill'Em All ou la fouge de la jeunesse est le principal atout, non,
Kill'em All était suffisamment ingénieux, innovant et agressif pour mériter sa réputation , non, la c'est plutôt morveux et irritant. Facile presque. Je suis un peu dur mais c'est pas possible d'avoir autant de beauté dans un album et un gros trou, la comme ça au milieu qui vient plomber le tout. Rajoutons un passage dans Infinite Dreams avec un riff niais dans le même esprit (heureusement le reste du morceau est du même calibre que le reste), et on a un passage et un morceau carrément niais qui viennent rendre l'album... ben hétérogène, oui, encore. Somewhere In Time était moins inégal, même si l'ensemble était moins mature.
Faites donc votre choix, si vous préférez le Heavy rentre dedans, c'est Number ou Powerslave, et si vous aimez les mélodies fines, la maturité et voire même les ambiances, c'est Somewhere, et surtout, c'est Seventh Son Of A Seventh Son.
Les Plus :
- Mature
- Fin
- Classe
- Du Metal intello mais agressif qui n'oublie pas d'aller parfois droit au but
- Et comme d'hab, y'a le lyrisme de Dickinson, la virtuosité des gratteux, basse comprise, les percus qui font leur boulot, bref...
Les Moins :
- Mais pourquoi avoir mis Can I Play With Madness?
- Et pourquoi avoir mis des riff aussi niais dans le break de la pourtant superbe Infinite Dreams?