1987.
A l’heure ou le
Thrash Metal commence à montrer des signes de faiblesse, et que le
Death pointe le bout de son nez (avec notamment la sortie de
Scream Bloody Gore, mythique premier album de
Death),
Alice In Chains, fruit de la rencontre entre
Layne Staley et
Jerry Cantrell, voit le jour à Seattle.
Le groupe est bien souvent considéré comme une formation de
Grunge à part entière, tant par ses origines (Seattle étant le berceau du
Grunge (
Nirvana,
Soundgarden)) que par ses textes, centrés sur des thèmes tels que la dépression, la drogue et la mort, et ce malgré le fait que le style musical d’
Alice In Chains soit plus ancré dans le monde du
Metal.
Après avoir sorti plusieurs démos, ainsi qu’un EP, «
We Die Young», accueilli assez froidement à l’époque,
Facelift, premier LP du groupe, débarque dans les bacs en Août 1990.
L’album s’ouvre sur «
We Die Young», bien évidemment tiré de l’EP sorti quelques semaines plus tôt, et le groupe annonce d’ores et déjà la couleur de cet opus. Il s’agit bien là de
Grunge, mais dans une version bien plus couillue que la musique proposée par les groupes cités précédemment. Manifestement, Alice a su tirer le meilleur des deux mondes pour proposer une musique qui donne irrémédiablement envie de taper du pied. Une bonne entrée en matière. S’ensuit «
Man In The Box», véritable hit en puissance (Ce refrain mes amis, ce refrain !), puissant, mélodique et catchy.
Layne fait ici des merveilles avec sa voix, sans oublier le concours de
Jerry, qui s’occupe non seulement de la section guitare rythmique, mais également des chœurs. Le disque suit ensuite son bonhomme de chemin, alternant morceaux bien burnés et titres ralentissant quelque peu la cadence, juste assez pour laisser une fois de plus le talent du chanteur s’exprimer («
Bleed The Freak» et «
Love, Hate, Love» par exemple).
Le groupe se permet également quelques excentricités avec notamment «
I Know Somethin’(‘Bout You )», dont les riffs font par moment penser à l’âge d’or du Rock, et à des monstres sacrés tels que
Led Zeppelin, même si la formation de Seattle évolue dans un tout autre registre. Les autres musiciens ne quant à eux pas en reste. Chaque instrument s’entend très clairement, grâce à une production signée
Dave Jerden, claire lisse et carrée, qui n’a quasiment pas pris une ride en 20 ans. Chapeau !
Malgré la présence d'un ou deux titres plus dispensables («
Confusion», un peu lent à démarrer et «
Real Thing», la dernière piste du disque), mais pas foncièrement mauvais, force est de constater que la qualité générale de
Facelift dépasse de loin ce que l'on pourrait attendre de la part d'un jeune groupe. Si vous ne connaissez pas
Alice In Chains et que vous vous intéressez un tant soit peu à l'univers du
Grunge, il est impensable de passer à côté de cet album.
Pour un premier essai,
Alice fait mouche, et signe là une oeuvre majeure dans le genre, pour notre plus grand plaisir.