Premier album réalisé par le groupe,
Disclosure in Red est probablement leur meilleur, celui où le dosage entre classique et métal est le plus équilibré, celui où voix death et soprano sont le plus subtilement arrangés. Les mélodies gothiques sont parfois d’une certaine lourdeur, mais dans l’ensemble bonnes. Les riffs sont tantôt puissants et sombres, comme dans
When Silence Cries, tantôt plus classiques et mélancoliques, pour accompagner la voix soprano. Des chœurs féminins s’élèvent parfois, comme un chœur des anges au milieu de l’enfer…
Parfois c’est un peu forcé, en particulier l’air solo de la chanteuse « My soul has been sacrifice… » dans
The Day We Drowned. Les paroles font un peu clichées (la vierge sacrifiée sur l’autel de Satan), il y a un peu trop de trémolo dans le chant, bref le bouchon est poussé un peu loin et on est pas loin de la caricature. Le ton gothique aussi est parfois un peu forcé, comme dans la fin d’
Enigma of The Absolute, mais ça reste dans les limites du raisonnables et ça reste négligeable.
La voix féminine tendant sur le rauque est aussi un bon élément, même si parfois également un peu excessive, en particulier dans
Mournful Pigeon. Mais son air solo dans
Illusion ? est très bon, et le passage avec la flûte en accompagnement dans
Swallowed Tears est excellent. Dans
Enigma of The Absolute, on a l’impression d’être face à un équivalent féminin du chant death, une technique vocale nouvelle et pas copiée sur son équivalent masculine. Perso je mets ça dans les bons côtés de l’album, mais ça ne plait probablement pas à tous les amateurs de gothique. Question de point de vue.
Par contre, l’air féminin a capella de
Temptress est bon à tous les points de vues, mais le riff heavy puis le bourinage de batterie et de guitare qui le suit est moins heureux. Heureusement le reste de la chanson rattrape largement ça.
L’album se conclut sur
The Burden, et c’est plutôt un bon choix. Car la dernière chanson d’un album, c’est un peu comme le dernier épisode d’une série TV : ça annonce le prochain, et donc il est bon de finir en beauté et de laisser quelque chose en suspend… C’est bien le cas ici.
Un petit mot sur les paroles ; elles sont toutes écrites à la première personne, jamais au style impersonnel ; elles parlent de rêves et d’illusions, d’espoir et de peines. On sent l’influence des poètes maudits genre Baudelaire…
En résumé, un bon album, puissant et sombre, parfois mal dosé et un peu maladroit, mais très prometteur. Une valeur sûre, aujourd’hui où les différences entre métal symphonique, gothique, death symphonique et ainsi de suite commencent franchement à s’estomper…