En véritable all-star band du Metal finlandais,
Barren Earth sort en ce début 2010 son premier album,
Curse of the Red River, suivant logiquement l'EP fort bien reçu Our Twilight. Pour ceux qui sont passés à côté du matraquage intensif de leur label Peaceville, il est de bon ton de rappeler qui se cache derrière l'appellation
Barren Earth: Mikko Kotamäki (
Swallow the Sun) au chant, Olli-Pekka Laine (ex-Amorphis, Mannhai) à la basse, Kasper Mårtenson (ex-Amorphis, Ben Granfelt Band) au clavier, Janne Perttilä (Rytmihäiriö) et Sami Ylisirniö (
Kreator, Waltari) aux grattes, et enfin Marko Tarvonen (
Moonsorrow) à la batterie.
Autant vous dire que la rencontre musicale de nos finlandais a de quoi allécher plus d'un...
Si l'EP Our Twilight avait réussi le tour de force d'allier avec brio Death Progressif et Folk tirant parfois sur des sonorités seventies, il faut savoir que pour son premier album, le combo finlandais n'a que peu bougé sa recette. Ainsi, tout ce qui a fait la réussite d'Our Twilight se voit prolongé ici avec
Curse of the Red River.
Forcément, les neuf compositions sont solides et les mélodies fusent. Forcément, les ambiances tristounettes plongées dans les méandres progressives de la musique de
Barren Earth ressortent. Et forcément, cette nouvelle galette frappe fort.
S'appuyant peut-être plus sur son assise Death Progressive,
Curse of the Red River parvient à donner une dimension plus atmosphérique qu'Our Twilight. Mais ce qui fait la richesse d'une telle sortie, c'est sans doute la multitude de détails qui rehaussent chaque instant de cet album. Que ce soit dans l'utilisation de grattes acoustiques ("Flicker", "The Ritual of Dawn", "Cold Earth Chamber"...) ou dans la proéminence de nappes de claviers ("Ere All Perish", "The Ritual of Dawn" ou l'excellent "Flicker"), le rendu final de
Curse of the Red River tend une nouvelle fois à favoriser rêveries et autres songes bercés par le flot continu de notes inspirées et d'effets judicieusement placés.
Bien sûr, le bagage musical de chacun des membres se ressent aisément, et on ne pourra pas leur enlever qu'à eux six ils forment la crème du Metal finlandais. Les compositions s'en ressentent grandement: "The Leer" ou "Curse of the Red River" témoignent d'une maturité qui place
Barren Earth bien au-dessus du panier, même si le combo n'en est qu'à ses débuts. Même "Our Twilight", seul titre issu de l'EP éponyme, fait preuve d'une maîtrise que peu peuvent se targuer d'avoir. Les envolées mélodiques se confrontent à des solos guitares-clavier réussis et inspirés tandis que chacun des membres nous délivre une prestation de haute volée (avec un Mikko Kotamäki en très grande forme).
Pourtant, derrière ce tableau qui semble parfait, on ne peut que regretter que
Barren Earth ait sciemment abandonné ou presque ses inspirations seventies au profit d'une musique plus "conventionnelle". En effet, mis à part quelques riffs et autres arrangements, il est difficile de retenir de
Curse of the Red River une once de sonorités psychédéliques. La sensation que le groupe n'est pas totalement parvenu à se détacher de ses formations précédentes nous prend et nous fait quelque peu regretter ce manque de folie qu'un tel line-up peut promettre. Ainsi, il ne sera pas rare de croiser les spectres de
Swallow the Sun ("Deserted Morrows"), d'
Amorphis voire même d'
Insomnium sur quelques parties ("Cold Earth Chamber").
Pourtant, je le répète, le résultat est prometteur...
Quoiqu'il en soit,
Curse of the Red River s'annonce comme un très grand disque qui se délecte du début à la fin. Et pour se faire, le mixage et le mastering réalisé par Dan Swanö (comme sur Our Twilight) assure une clarté dans le son qui favorise une nouvelle fois l'aspect atmosphérique des compositions.
Barren Earth a une nouvelle fois frappé fort avec cet album, et même si l'inspiration seventies se fait encore trop rare, le super-groupe finlandais signe là une bien belle sortie qui a tout pour les placer au panthéon du Metal européen. Quoiqu'on en dise, le Metal finlandais est toujours au top de sa forme, et ce n'est pas ce
Curse of the Red River qui changera la donne...
Espérons simplement qu'à l'avenir
Barren Earth se détache un poil de ses influences, c'est à cette condition qu'on pourra parler de véritable chef-d'œuvre...