Né en 1994 à Montréal,
Ghoulunatics est un combo jouant une musique originale pour un concept qui, justement, a tendance à être trop souvent utilisé pour le style : un Death-Metal franchement influencé par les films d'horreurs et autres séries Z! Ainsi, il ne sera pas rare d'entendre quelques sons et autres hurlements directement tirés de ce fameux genre cinématographique, ô combien philosophique.
Mais les petits gars de
Ghoulunatics, inconnus dans nos contrées (à par pour ceux qui les ont vu en première partie de
Sick Of It All et
Walls Of Jericho), ont quelques plans intéressants, pas foncièrement Death Brutal, mais assez alambiquées pour attirer les oreilles les plus curieuses...
Maintenant que les présentations sont faites, passons à Sabacthany.
Quatrième album des Canadiens, celui-ci délivre une nouvelle décharge de morceaux empreints d'atmosphères si particulières, propres aux films d'horreur. Une lente descente dans la vision à la fois délirante et morbide, en somme.
Concrètement,
Ghoulunatics balance ses riffs, secondés par une batterie assez soutenue, prouvant que le marteleur se démène pour appuyer comme il se doit les riffs torturés des deux guitaristes. Les ambiances totalement déjantées, caractérisées par une voix tantôt écorchée, tantôt criarde ou encore bien plus grave, façon outre-tombe, se dévoilent au fur et à mesure des pistes. L’inspiration cinématographique du combo devient alors palpable et semble dotée d’un furieux groove, dominé par ce chant aux multiples facettes...
Dans l’ensemble, les morceaux ne sont guère très rapides (pas de blasts), on n'a pas vraiment à faire ici à un groupe sous speed (quoique, à l'écoute de "Wind Up Dead"). Les treize titres s'enchaînent tant bien que mal, certains se ressemblent malheureusement trop ("Axe, My Deadly Friend" et "Nothing More", "Two Legged Disease"...), mais la sauce prend sur d'autres empreints de ce groove efficace et totalement décalé ("Ashes To Ashes, Costs A Lot", "Grave Concern").
Car ce fameux groove est incontestablement le point fort de
Ghoulunatics. Là où certains en font des tonnes, le groupe ne se prend pas au sérieux, et se plaît à pousser l’auditeur dans ses délires les plus morbides, pour un rendu particulièrement amusant s’il on veut bien se laisser guider par cette terrible troupe. Une certaine fraîcheur donc, qui permet à Sabacthany de trouver un public différent du traditionnel Death-Metal.
Mais cet opus est tout de même loin de sonner une quelconque révolution, surtout qu’il n’est pas sans défauts…
Outre des morceaux trop proches les uns des autres, le son de cet album manque cruellement de puissance. Un peu trop fade, la production est loin de jouer en faveur des compositions, à l’image de cette basse quasi-inexistante. Or la présence de cet instrument aurait grandement favorisé les atmosphères horrifiques…
C'est bien dommage, surtout que Sabacthany est quand même leur quatrième album...
Pas évident donc de pondre un album qui tienne la route, les Canadiens de
Ghoulunatics ont toutefois le mérite d'apporter une touche assez étrange à un Death-Metal groovy qui n'en demande pas moins.
Reste à faire mûrir le concept Death-Metal/films d'horreurs, et surtout revenir avec une prod’ à la hauteur!